(Québec) Un prochain gouvernement libéral investirait « chaque dollar » prévu dans le troisième lien Québec-Lévis en éducation et en santé, promet Dominique Anglade. La cheffe libérale estime qu’après deux ans de pandémie, ce n’est pas d’un « trou dans le fleuve » qui pourrait coûter jusqu’à 10 milliards dont les Québécois ont besoin.

Mis à jour le 26 janvier
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

« Quand je parle au monde sur le terrain, nos priorités c’est notre santé, c’est notre santé à nous et à celle de nos proches, c’est notre santé mentale collective, c’est l’éducation de nos enfants. Bref, c’est tout sauf une dépense de 10 milliards pour creuser un trou dans notre fleuve », a fait valoir la cheffe de l’opposition officielle, mercredi à la fin du caucus pré-sessionnel de sa formation.

L’imposant projet de tunnel autoroutier du gouvernement Legault pourrait coûter jusqu’à 10 milliards. Québec a sollicité l’aide d’Ottawa pour financer une partie des infrastructures. Selon Mme Anglade, les fonds destinés aux infrastructures pourraient être réinvestis dans les écoles et les hôpitaux. « C’est ça que nous allons proposer et présenter plus en détail », a indiqué la cheffe libérale.

« Le message qu’on envoie c’est qu’il nous apparaît essentiel de faire un réalignement des priorités. On a besoin d’investir dans les infrastructures qui touchent directement les gens. L’ampleur de la crise [sanitaire] nous oblige à réfléchir aux priorités et mettre cet argent dans un trou nous apparaît complètement insensés. »

Elle promet de proposer d’autres solutions pour s’attaquer au problème de congestion routière dans la Capitale-Nationale. Sa formation doit déposer un Plan pour la mobilité pour Québec et Lévis.

« Je fais confiance aux gens de Québec de ne pas tomber dans le trou de M. Legault. C’est un lubie qu’il propose alors que nous on aura des solutions concrètes pour la mobilité à Québec », a affirmé la porte-parole libérale de la Capitale-Nationale, Marwah Rizqy.

Taxe santé : Anglade craint une « brèche » dans l’accès aux soins

La contribution santé que souhaite imposer le gouvernement Legault aux non-vaccinés risque de créer une « brèche » dans l’accès universel aux soins de santé, une valeur au centre de notre système actuel, craint Dominique Anglade. À quelques jours de la rentrée parlementaire, la cheffe libérale voit difficilement comment sa formation pourrait être en faveur d’une telle mesure.

Le gouvernement Legault a promis de déposer un projet de loi dès le début de la prochaine session parlementaire — la dernière avant les prochaines élections — pour débattre des modalités de l’imposition d’une contribution santé pour les Québécois non vaccinés. Mais déjà, la mesure ne fait pas l’unanimité. Peu de détails sur son application ont par ailleurs été dévoilés jusqu’à présent par le gouvernement.

« Honnêtement, je ne vois pas, a priori, comment on va être en faveur d’une telle mesure », a lancé la cheffe libérale. « Je vais vraiment vouloir regarder [les implications] d’un point de vue éthique, d’un point de vue légal et d’efficacité et surtout, lorsqu’on regarde les valeurs et le glissement que ça pourrait amener par rapport à notre système universel. »

Dominique Anglade craint que la mesure vienne ainsi « ouvrir une brèche sur une catégorie d’individus », ce qui éloignerait le Québec de l’universalité des soins. « C’est une valeur importante », a martelé la cheffe de l’opposition officielle. Selon elle, le gouvernement Legault fait « diversion » et « improvise » avec cette proposition qui sera difficilement réalisable.

« Ces questions-là soulèvent un gros doute quant à la faisabilité par rapport à ce qui est proposé par le gouvernement de la CAQ », a ajouté Mme Anglade.

Selon plusieurs sondages récents, cette contribution santé qui sera exigée des personnes non vaccinées est assez populaire. Elle rallie 65 % des répondants d’un sondage CROP-La Presse publié le 21 janvier. La contribution n’a toujours pas été chiffrée par le gouvernement. Le groupe des Médecins québécois pour le régime public a rejeté l’annonce d’une « contribution » pour les adultes non vaccinés.