(Ottawa) Une brèche dans la sécurité informatique a été détectée chez Affaires mondiales Canada mercredi passé. Le lendemain, le Centre canadien pour la cybersécurité publiait une mise en garde sur de potentielles attaques de la Russie. Cela n’a pas empêché Justin Trudeau de lancer, lundi, que son gouvernement appuyait inconditionnellement l’Ukraine.

Mis à jour le 24 janvier
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Le Secrétariat du Conseil du Trésor a indiqué dans une déclaration transmise lundi qu’un « cyberincident » était survenu le 19 janvier dernier chez Affaires mondiales Canada, et que « pour l’instant, rien n’indique que d’autres ministères ont été touchés par cet incident ».

Le ministère a ajouté que « les services essentiels offerts aux Canadiens par Affaires mondiales Canada fonctionnent » à l’heure actuelle, que certains accès internet « ne sont pas actuellement disponibles dans le cadre des mesures d’atténuation » et que « des travaux sont en cours pour les rétablir ».

Une enquête a été déclenchée pour faire la lumière sur les menaces potentielles, et sur les « mesures actives afin de les traiter et de les neutraliser lorsqu’elles se produisent ». L’investigation étant en cours, le ministère n’a pas voulu fournir d’autres commentaires « pour des raisons opérationnelles ».

Le lendemain de cet incident, le Centre canadien pour la cybersécurité, une division du Centre de la sécurité des télécommunications, lançait un avertissement à l’intention des exploitants d’infrastructures essentielles du Canada.

L’organisation disait être au courant que « des activités étrangères de cybermenace, notamment menées par des auteurs parrainés par la Russie, ciblent les opérateurs des réseaux des [infrastructures essentielles] du Canada ainsi que leur technologie opérationnelle et leur technologie de l’information ».

Le Centre invitait ces acteurs à « prendre conscience des activités de cybermenace parrainées par l’État russe et à se protéger contre elles », dans un avis reflétant des préoccupations similaires aux États-Unis ainsi qu’au Royaume-Uni.

La brèche observée chez Affaires mondiales la veille avait été passée sous silence.

Son existence a été rapportée en premier par le réseau télévisé anglophone Global News, lundi.

Ottawa résolument derrière Kiev

En début de journée, Justin Trudeau a réaffirmé le soutien total du Canada envers l’Ukraine.

S’il n’est pas allé jusqu’à promettre d’envoyer des armes aux forces ukrainiennes, il a néanmoins soutenu que le prêt de 120 millions consenti vendredi passé à l’Ukraine n’était qu’une première étape, et que le différend entre Moscou à Kiev ferait l’objet de sérieuses discussions à la retraite virtuelle du cabinet.

« Nous allons continuer d’être là pour soutenir l’Ukraine. Cela est d’une grande importance pour nous. Et je peux vous dire que nous examinerons la situation en Ukraine dans le cadre des discussions de notre cabinet au cours des trois prochains jours », a-t-il dit en marge d’une annonce sur les services de garde au Nunavut.

Le premier ministre n’a pas précisé si, à l’instar des États-Unis, le Canada s’apprêtait à rapatrier les familles de diplomates qui sont en sol ukrainien. « De nombreux plans de contingence sont en place. La sécurité des diplomates canadiens et de leurs familles est, bien sûr, primordiale », a-t-il soutenu.