Anne Casabonne s’est jointe aux troupes d’Éric Duhaime et du Parti conservateur du Québec (PCQ). La comédienne, qui avait qualifié le vaccin contre la COVID-19 de « grosse marde », sera candidate dans la circonscription de Marie-Victorin.

Mis à jour le 17 janvier
Charles Lecavalier
Charles Lecavalier La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Éric Duhaime veut faire de cette élection partielle, dont la date n’est toujours pas connue, un « référendum entre ceux qui veulent vivre dans un état d’urgence permanent, qui veulent avoir un passeport vaccinal discriminatoire et qui se contentent d’un monopole public inéquitable en santé, et le PCQ ».

« C’est la première fois en deux ans que des électeurs vont mettre un X sur un vote et dire vraiment ce qu’ils en pensent », a-t-il lancé en conférence de presse lundi pour présenter la candidate Casabonne, qui a fait les manchettes en septembre pour avoir tenu des propos antivaccins.

Mme Casabonne, elle, s’est défendue et a expliqué que son texte, devenu viral, dans lequel elle qualifie le vaccin contre la COVID-19 de « cochonnerie » et de « grosse marde », était en fait une satire pour dénoncer la volonté du gouvernement Legault de suspendre les employés non vaccinés du réseau de la santé. « Mon personnage s’inspirait de feu Pierre Falardeau, un monologue que j’ai fait dans un de ses films et qui disait marde à tout bout de champ », a-t-elle dit. La candidate n’a pas voulu dire si elle était elle-même vaccinée, et ne compte pas encourager la population à aller se faire vacciner.

Elle se lance en politique avec un « sentiment d’urgence » pour protéger notamment « l’intégrité physique et l’intégrité psychique » des citoyens. Elle estime qu’il n’y a plus de partis politiques à l’Assemblée nationale, mais « 124 François Legault » et « que tout le monde est assis dans la même moissonneuse-batteuse des droits ». Celle qui a « toujours » voté pour le Parti québécois tourne le dos à cette formation politique qui rend les Québécois « moins libres » en appuyant des mesures sanitaires, a-t-elle dit.

Soulignons toutefois que le Parti libéral, Québec solidaire et le Parti québécois ont tous demandé, à un moment ou à un autre, la levée de l’urgence sanitaire ou ont critiqué certaines mesures, comme le couvre-feu.

« Discours antivaccin assumé »

M. Duhaime, lui, se défend d’être antivaccin. Il rappelle qu’il est lui-même vacciné et qu’il y a un « consensus » de la science en faveur de la vaccination, mais il ne veut pas en faire la promotion. « Chaque personne est différente. J’ai fait une myocardite à 6 ans, j’avais besoin de me faire rassurer par mon médecin », a-t-il dit.

Selon le politologue Éric Montigny, cette candidature envoie plutôt le message d’un « discours antivaccin assumé ». Le directeur scientifique de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires à l’Université Laval fait un parallèle avec Maxime Bernier, qui a délaissé le discours libertarien pour se tourner vers un discours « complotiste ». « C’est la tangente que choisit de prendre Éric Duhaime », souligne M. Montigny. « L’image est forte et elle parle. Ce n’est pas parce qu’on efface un compte Twitter ou un compte Facebook qu’on efface les déclarations passées », dit-il.

La nomination de Mme Casabonne fait en sorte que tous les partis de l’opposition ont jusqu’ici annoncé leur candidat dans Marie-Victorin, dont le siège est vacant depuis l’élection de Catherine Fournier à la mairie de Longueuil. François Legault, lui, a déjà assuré que son parti serait de la course, avec « probablement » une femme sur les rangs. Aucun choix n’a toutefois encore été arrêté. Sarah Beaumier, qui n’avait pas exclu être candidate, ne sera toutefois pas de la partie, selon nos informations.