(Ottawa) On n’a pas à critiquer les provinces qui serrent la vis dans l’espoir de juguler la propagation du variant Omicron : c’est le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui est l’architecte des confinements en série, accuse le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole.

Publié le 6 janvier
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

« De par son action et son inaction, le gouvernement Trudeau normalise les confinements et les restrictions comme principaux outils pour combattre le plus récent variant de la COVID-19. Ça n’avait pas à se passer comme cela », a lancé le dirigeant de l’opposition officielle dans sa première conférence de presse de l’année, à Ottawa.

Car le premier ministre a échoué à fournir aux provinces et territoires « les deux outils les plus importants » qu’il avait promis de leur livrer pour mener bataille contre le virus et permettre aux Canadiens de conserver un semblant de normalité : l’approvisionnement en tests de dépistage rapide et une application de recherche de contacts efficace, a-t-il pesté.

PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE

Erin O’Toole, chef du Parti conservateur du Canada

Selon Erin O’Toole, le gouvernement libéral a trop tardé à acheminer suffisamment de tests aux quatre coins du pays. L’annonce de l’envoi prochain de 140 millions de ces tests est venue trop tard, a-t-il plaidé. En ce qui a trait à l’application Alerte COVID, sur laquelle Ottawa a jeté son dévolu, « comment va-t-elle, cette application ? », a-t-il raillé.

C’est la raison pour laquelle les administrations provinciales et territoriales ont été contraintes de revenir à des mesures « strictes », mais « nécessaires », et que les citoyens doivent à nouveau « sacrifier leurs libertés personnelles et composer avec plus d’angoisse », a déploré le dirigeant conservateur. Il a ensuite convenu que les non-vaccinés avaient aussi une part de responsabilité.

Mais il n’est pas question de diaboliser les gens n’ayant pas de raison valable de ne pas relever la manche. « M. Trudeau se moque et attaque les gens qui ne sont pas vaccinés. […] Ça n’incitera pas davantage de gens à se faire vacciner », a insisté Erin O’Toole, affirmant que lui « n’attaquerait jamais une personne qui est inquiète [par rapport à l’injection] ».

Le leader conservateur, lui-même un ancien militaire, s’est par ailleurs prononcé pour la vaccination obligatoire des membres des Forces armées canadiennes, surtout alors que certains ont été déployés en renfort pour donner un peu d’oxygène aux travailleurs de la santé dans certains endroits au pays, notamment au Québec.