(Ottawa) Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, voit d’un très bon œil l’idée de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, d’organiser un sommet sur la violence armée à Montréal, prévu en janvier. Il n’écarte d’ailleurs pas la possibilité d’y participer afin d’exposer les intentions du gouvernement fédéral en matière de contrôle des armes de poing, entre autres choses.

Publié le 2 déc. 2021
Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

Dans une entrevue accordée à La Presse, mercredi, le ministre Mendicino a aussi indiqué qu’il souhaite rencontrer son homologue du Québec, la ministre Geneviève Guilbault, « le plus tôt possible », afin de faire le point sur la situation de la violence causée par les armes. Le bureau de M. Mendicino tente présentement d’établir une date qui convient aux deux ministres pour cette rencontre qui pourrait avoir lieu « à Montréal ou à Ottawa, ou de manière virtuelle ».

Devant la flambée de fusillades qui secoue certains quartiers de Montréal, la mairesse Valérie Plante a lancé lundi l’idée d’organiser un sommet sur la violence armée dans la métropole qui réunirait les gouvernements, la police, les groupes communautaires et les écoles. L’évènement aurait lieu les 26 et 27 janvier.

À ce sujet, le ministre Mendicino a souligné que tous les ordres de gouvernement doivent travailler de concert pour contrer le fléau que représente la violence armée à Montréal et dans les autres grandes villes du pays.

« Je suis prêt à y participer. Je vais discuter de cela avec la mairesse Plante. Tout le monde veut la même chose. Tout le monde veut que nous réduisions la violence causée par les armes à feu, que l’on puisse marcher en toute sécurité dans nos communautés. Il faut travailler ensemble avec tous les niveaux de gouvernement, y compris la mairesse de Montréal, pour atteindre tous ces buts », a affirmé M. Mendicino dans un très bon français.

Nommé ministre de la Sécurité publique le 26 octobre après avoir dirigé le ministère de l’Immigration, M. Mendicino affirme être tout à fait conscient du défi que représente la violence armée. L’ancien procureur de la Couronne a rappelé qu’il représente une circonscription de la région de Toronto, une ville qui a connu son lot de drames liés aux armes à feu au cours des dernières années.

Mesures du gouvernement Trudeau

En entrevue, M. Mendicino a tenu à souligner certaines mesures adoptées par le gouvernement Trudeau en matière de contrôle des armes à feu, notamment l’interdiction de près de 1500 armes d’assaut de type militaire l’an dernier. Il compte d’ailleurs aller de l’avant avec la promesse électorale de rachat obligatoire de ces armes au cours des prochaines semaines.

Il a souligné qu’Ottawa a versé 46 millions de dollars au Québec pour l’appuyer dans ses efforts pour lutter contre le crime organisé et le trafic d’armes à feu.

Quant au pouvoir d’interdire les armes de poing que veut accorder le gouvernement fédéral aux provinces, M. Mendicino a affirmé que ce sujet sera à l’ordre du jour de la rencontre qu’il aura avec Mme Guilbault. En campagne électorale, les libéraux de Justin Trudeau ont promis de mettre sur la table 1 milliard de dollars pour soutenir les provinces qui souhaitent interdire les armes de poing.

« J’ai l’intention d’aller à Montréal pour rencontrer des intervenants et avoir des discussions avec le gouvernement du Québec à ce sujet. Je veux aussi rencontrer des organisations comme PolySeSouvient pour faire avancer le travail », a dit le ministre, répétant au passage que sa porte « est toujours ouverte ».