(Ottawa) La ministre des Finances Chrystia Freeland croit qu’il est possible d’adopter une solution canadienne aux pressions inflationnistes qui affectent la majorité des pays à travers la planète.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

Selon elle, cette solution canadienne repose sur deux piliers : la création d’un réseau national de garderies, qui réduira les frais de garde de moitié dans la plupart des provinces d’ici la fin de 2022, et la construction de logements abordables en misant sur le Fonds pour accélérer la construction de logements.

En conférence de presse, mercredi, la ministre Freeland a affirmé être pleinement consciente de la hausse du coût de la vie qui touche l’ensemble des Canadiens. « La fin de semaine, je vais à l’épicerie pour acheter les aliments nécessaires pour préparer les repas de ma famille », a-t-elle lancé pour riposter aux attaques du Parti conservateur qui accuse le gouvernement Trudeau d’être peu préoccupé par l’inflation.

Selon la ministre, qui devrait faire une mise à jour économique et financière au début décembre, le Canada ne peut échapper aux pressions inflationnistes qui guettent la plupart des pays qui dépendent d’une chaîne d’approvisionnement mondiale fortement perturbée à cause de la pandémie. La hausse des prix du pétrole affecte aussi tous les pays, a-t-elle ajouté.

Mais elle a insisté pour dire que le gouvernement Trudeau est en mesure de limiter les effets de l’inflation en investissant dans la création d’un réseau national de garderies et en lançant diverses mesures pour augmenter l’accès à des logements abordables.

Aux Communes, mercredi, le Parti conservateur a mitraillé de questions le premier ministre Justin Trudeau au sujet de la hausse de l’inflation, qui a atteint un rythme annuel de 5,3 % en octobre au Québec, selon l’Indice des prix à la consommation (IPC) de Statistique Canada.

L’inflation au Canada est à son plus haut niveau. Soixante pour cent des familles canadiennes ont peur de ne pas être capables de nourrir leur famille. Les factures d’épicerie ont déjà augmenté de centaines de dollars, mais le discours du Trône a seulement mentionné l’inflation une seule fois. Une fois ! Le premier ministre sait-il que nous avons une crise d’inflation au Canada ?

Erin O’Toole, chef du Parti conservateur

« Il est certes intéressant de parler du défi de l’inflation que bien des pays doivent affronter. Cependant, dans le discours du Trône, nous avons passé beaucoup plus de temps à parler de nos solutions, notamment les garderies à 10 $ par jour partout au pays et des investissements dans la crise du logement. D’ailleurs, les conservateurs au fédéral sont contre de tels investissements et initiatives. Ils ont promis de déchirer les ententes concernant les garderies qui, pourtant, vont aider les familles. Nous, nous allons mettre en place des mesures qui aideront justement les familles à contrer le coût de la vie », a riposté le premier ministre.

« Justinflation »

Plus tard durant la période de questions, le critique du Parti conservateur en matière de Finances, Pierre Poilievre, y est allé d’une trouvaille en utilisant le prénom du premier ministre pour critiquer ce qu’il décrit comme étant l’indifférence du gouvernement Trudeau face à ce phénomène. « Après tout, c’est’Justinflation’ ». Il s’est fait rappeler à l’ordre par le président de la Chambre des communes Anthony Rota.

Mme Freeland a tenu ces propos après avoir déposé à la Chambre des communes le projet de loi C-2 visant à mettre en œuvre certaines mesures d’aide plus ciblées destinées aux entreprises et aux travailleurs qui sont toujours affectés par les effets de la pandémie. Ces mesures d’aide, qui prendront fin en mai prochain et qui coûteront 7,4 milliards de dollars au fisc, avaient été annoncées le mois dernier par le premier ministre Justin Trudeau et Mme Freeland. Mais un projet de loi est nécessaire pour les mettre en œuvre.

Le gouvernement fédéral confirme ainsi qu’il prolonge le Programme d’embauche pour la relance économique du Canada pour les entreprises dont la baisse des revenus actuelle est supérieure à 10 %. Dans leur cas, le taux de subvention s’établira à 50 %. La prolongation aidera les entreprises à continuer de réembaucher des travailleurs, à augmenter le nombre d’heures de travail qu’elles sont en mesure d’offrir à leurs employés.

Ottawa offre aussi un soutien ciblé aux entreprises qui font encore face à des défis importants liés à la pandémie comme les hôtels, les voyagistes, les agences de voyages et les restaurants. Ces secteurs pourront profiter du Programme de relance pour le tourisme et l’accueil,