Au cours des six prochaines années, Québec investira plus de 2 milliards pour rénover des habitations à loyer modique (HLM) en mauvais état dans l’ensemble de la province, et environ 279 millions pour construire plus de 3000 logements sociaux.

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Plus de 847 millions permettront aussi d’apporter une aide supplémentaire aux bénéficiaires du programme Allocation-logement.

Ces sommes proviendront de l’entente Canada-Québec sur le logement, signée en 2020. Le gouvernement de François Legault n’avait pas encore annoncé ses priorités quant à l’utilisation de ces fonds, alors que la question des logements abordables a été l’un des enjeux majeurs des dernières élections municipales au Québec.

« Aujourd’hui, je suis fière d’annoncer que notre gouvernement entend investir dans la construction de logements sociaux, dans le soutien direct aux locataires et dans la rénovation des HLM », a fait savoir la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, dans un communiqué.

En mai dernier, Québec avait déjà annoncé une somme de 100 millions sur trois ans pour remettre en état une dizaine de HLM de Montréal où des logements sont barricadés en raison de leur délabrement. Depuis 2018, le gouvernement a aussi investi 1 milliard dans la rénovation de HLM, souligne le bureau de la ministre.

Rappelons que 655 HLM au Québec, où vivent 25 000 ménages, sont cotés D ou E en raison de leur vétusté.

Dernièrement, la Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ) a lancé une campagne demandant au gouvernement des investissements de 2,2 milliards pour la rénovation de ces bâtiments.

Lundi, après l’annonce de la ministre, le président de la FLHLMQ, Yves Dubé, s’est déclaré satisfait des investissements à venir, qui assurent aussi la protection de l’ensemble des logements publics pour les prochaines décennies, a-t-il souligné.

Droit de préemption pour Longueuil

Par ailleurs, la ministre Laforest rencontrait lundi matin la nouvelle mairesse de Longueuil, Catherine Fournier. Mme Fournier avait l’intention de discuter de sa demande pour que sa ville obtienne un droit de préemption, ce qui lui donnerait la priorité pour l’acquisition de terrains ou de bâtiments qui pourraient servir au développement de logements sociaux ou abordables.

« Le droit de préemption pour Longueuil faciliterait beaucoup les choses, parce que les terrains sont très rares ici, sont très stratégiques, des immeubles pourraient être reconvertis, alors si la Ville obtenait ce pouvoir, ça faciliterait le travail avec nos développeurs communautaires », a souligné Catherine Fournier, avant sa rencontre avec la ministre.