Les membres du Parti conservateur du Québec (PCQ) tiennent ce week-end leur premier congrès depuis l’élection d’Éric Duhaime à la tête de la formation politique.

Frédéric Lacroix-Couture La Presse Canadienne

Environ 900 participants sont attendus à l’évènement virtuel pour débattre d’une quarantaine de propositions afin de bâtir un programme en vue des élections d’octobre 2022. Il sera notamment question de santé, d’environnement, d’immigration, d’éducation et de famille.

Le congrès se veut l’occasion d’être plus représentatif du visage actuel du parti qui dit avoir vu son nombre de membres augmenter de plusieurs milliers de personnes.

« C’est important que ces gens-là aient leur mot à dire sur les politiques du parti. On repart un peu à zéro », a expliqué M. Duhaime, à La Presse Canadienne.

Il reconnaît que la croissance du PCQ repose sur son opposition aux mesures sanitaires. « Un mouvement de protestation contre le passeport vaccinal, ça ne fait pas un parti politique, affirme-t-il toutefois. Il faut se doter de politiques claires sur l’ensemble des enjeux qui interpellent les Québécois. »

Selon M. Duhaime, la santé sera le thème central du congrès, mais aussi de la prochaine campagne électorale puisque le système a démontré son « inefficacité » durant la pandémie. Le parti propose de favoriser la contribution du secteur privé pour permettre la concurrence.

« On est un parti qui ne croit pas aux bienfaits des monopoles. On pense qu’une concurrence va être saine pour les patients et les gens qui travaillent à l’intérieur du système », fait valoir M. Duhaime.

La décentralisation du système fait aussi partie des propositions du PCQ. Il souhaite déléguer des pouvoirs sur le plan local, comme aux municipalités, afin que « les décisions se prennent le plus près du patient possible ».

En matière d’environnement, le parti suggère notamment de relancer l’exploitation du gaz schiste pourvu que l’acceptabilité sociale soit au rendez-vous et que les pollutions aériennes et aqueuses soient minimisées.

Pour M. Duhaime, il serait « moins endommageable » pour l’environnement et « plus logique » que le Québec exploite ses propres ressources plutôt que de les importer afin de renforcer son autonomie, le temps de la transition énergétique des prochaines décennies.

« Est-ce qu’il est vaut mieux continuer d’importer ces ressources-là de l’extérieur de législations qui sont moins respectueuses de l’environnement, de transporter ça sur des milliers de kilomètres, ce qui occasionne une perte d’énergie de 15 %, 20 %, 30 % ? Ou s’il ne faudrait pas mieux creuser et aller chercher la ressource qui se trouve sous nos pieds ? […] Notre position d’un point de vue environnemental, c’est prenons les ressources le plus près d’où elles se trouvent », affirme M. Duhaime.

Changement de nom

Le parti pourrait aussi légèrement changer de nom au terme du congrès. Dans le cahier de propositions, il est suggéré que la formation se dénomme « Parti conservateur du Québec-Équipe Éric Duhaime ».

La version anglaise « Conservative Party of Quebec » serait ainsi rayée du nom officiel du parti, mentionne M. Duhaime, pour marquer le virage nationalisme sous sa direction.

« Je pense que c’est important que le nom du parti soit dans la langue officielle du Québec », soutient-il.

La modification vise également à se différencier de leurs confrères fédéraux avec qui ils n’ont pas de liens formels, bien qu’ils partagent certaines valeurs, indique M. Duhaime, qui prévoit commencer le début de recrutement de candidats au début de l’année prochaine.