(Québec) Le gouvernement Legault fait un rattrapage en matière d’immigration en haussant de 18 000 personnes le seuil prévu l’an prochain. Québec procède ainsi afin de compenser ceux qui n’ont pas reçu leur résidence permanente en 2020 en raison de la pandémie, ce qui lui a fait rater sa cible cette année-là.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

En 2022, selon la planification pluriannuelle qui est prévue, Québec doit accueillir entre 49 500 et 52 500 immigrants. Le gouvernement provincial souhaite finalement en recevoir 18 000 de plus, demandant à Ottawa d’admettre jusqu’à 70 500 résidents permanents au Québec l’an prochain.

Dans le Plan d’immigration du Québec pour l’année 2022, déposé jeudi au Salon bleu, le gouvernement explique que ces 18 000 personnes supplémentaires représentent la différence entre ce qui était prévu comme nombre d’immigrants en 2020 et le nombre réel qui a finalement été admis. Pour l’année 2021, Québec s’attend à recevoir le nombre d’immigrants qui est prévu dans sa planification pluriannuelle, c’est-à-dire entre 44 500 et 47 600.

L’immigration est une compétence partagée entre Québec et Ottawa. Selon l’entente qui lie les deux gouvernements, la province accorde des certificats de sélection du Québec (CSQ) aux immigrants économiques qu’elle choisit pour son territoire, en fonction de ses propres critères. Le gouvernement fédéral leur livre ensuite la résidence permanente, permettant à ces immigrants de venir s’établir au Québec.

« Bonne nouvelle » pour les entrepreneurs

À son arrivée au pouvoir, la Coalition avenir Québec a temporairement réduit les seuils d’immigrants accueillis dans la province, affirmant que la province dépassait sous les précédents gouvernements libéraux sa « capacité d’intégration ». La réduction des seuils avait alors été dénoncée par les milieux économiques, qui se réjouissent jeudi que le gouvernement rattrape le retard du nombre d’immigrants reçus depuis le début de la pandémie en fonction de seuils qui avaient préalablement été réduits.

« Le tiers des PME doivent refuser des ventes et des contrats et repousser des projets d’affaires en raison de la pénurie de main-d’œuvre. Les cibles, incluant le rattrapage, sont nécessaires et aideront les petites et moyennes entreprises du Québec freinées par le manque de personnel. Cette annonce représente une bonne nouvelle pour les entrepreneurs québécois », a affirmé le vice-président Québec de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI), François Vincent.

« Le rattrapage dès l’année prochaine de l’ensemble des demandes d’immigration qui n’avaient pas été complétées dans les deux dernières années était absolument essentiel. Dans le contexte de rareté de main-d’œuvre que l’on connaît, l’ajout de ces 18 000 personnes aux 52 000 qui étaient prévues pour 2022 est une excellente nouvelle », a dit Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.