(Québec) Le gouvernement Legault confirme que les tarifs d’électricité augmenteront d’au moins 2,6 % l’an prochain et n’a aucune intention d’intervenir pour adoucir cette hausse.

Charles Lecavalier La Presse

« Ça serait de politiser les tarifs d’Hydro, et c’est ce qu’on se refuse à faire », a lancé le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, mardi en conférence de presse. « Qu’est-ce que vous dites aux gens quand c’était 5,33 % en 2006, 4,3 % en 2014 ? Nous, ce qu’on donne aux Québécois, c’est une prévisibilité des hausses de tarifs selon l’inflation. Il n’y a rien de plus prévisible que ça, et on ne va pas s’immiscer politiquement pour modifier ça », a-t-il ajouté.

M. Julien a défendu sa réforme, qui a modifié considérablement la façon dont les tarifs d’électricité sont fixés. Auparavant, la Régie de l’énergie fixait le prix payé par les consommateurs québécois. Les tarifs sont maintenant fixés à l’inflation, qui est toutefois plus importante que prévu.

Lundi, le Journal de Montréal prédisait une hausse d’au moins 2,65 %. Québec ne conteste pas cette estimation. « Et on avoisine, en réalité, comme mentionné dans l’article, là, entre 2,6 % et 2,7 % d’augmentation selon l’inflation pour les tarifs au mois de septembre 2022 », a dit M. Julien.

Lors de l’adoption du projet de loi, Québec prévoyait plutôt une hausse annuelle moyenne d’environ 2 %. M. Julien rappelle toutefois que la Régie de l’énergie n’a pas totalement disparu : en 2025, elle procédera à un examen des cinq dernières années, et elle pourra diminuer les tarifs si elle réalise que les Québécois paient trop cher.

« Mais on voit qu’il y a une constante quand même parce que les coûts d’Hydro-Québec sont quand même corrélés par l’inflation. Donc, cette année, on obtient un 2,6 %. L’an dernier, c’était 1,3 %. Il va rester deux autres années à l’inflation. Et, en 2025, après 60 mois, la Régie va faire le même processus qu’elle faisait tous les 12 mois. Et, s’il y a une correction, elle l’apportera », a-t-il dit.

Il estime d’ailleurs qu’un gel tarifaire imposé par décret ministériel aurait des répercussions importantes en 2025. « Si aujourd’hui on pose un geste politique, ça veut dire qu’on s’achète un choc tarifaire en 2025. Alors, il n’y a rien qui se perd, rien qui se crée, il y a une tendance à l’inflation », a-t-il expliqué.