Après avoir occupé divers postes d’importance dans le réseau de la santé, dont celui de sous-ministre, Lise Verreault a pris sa retraite en 2015. Elle devait voyager à travers le monde. Les différents gouvernements l’ont plutôt relancée pour lui confier une multitude de mandats délicats. Portrait d’une actrice de l’ombre qu’on appelle quand rien ne va plus.

Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

Debout sur un vaste terrain vague de Vaudreuil, le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, sont réunis devant les médias en ce 14 juin 2021 pour annoncer la première pelletée de terre du nouvel hôpital qui desservira la région.

Alors que les intervenants ont le cœur à la fête et vantent les mérites du futur établissement de 404 lits, Lise Verreault, nommée quelques semaines plus tôt PDG par intérim du CISSS de la Montérégie-Ouest, déclare que les besoins de la région sont si grands que les plans de l’hôpital, conçus en 2016, sont déjà dépassés : « Il y a trop de pression actuellement dans votre région pour qu’on se limite à 404 lits », affirme-t-elle franchement.

Quand on lui rappelle cet épisode, Lise Verreault rigole. « Ma job comme PDG, c’est d’influencer le ministre et dire ce que ma région a besoin », dit celle qui est réputée pour sa franchise.

Loin d’être irrité par cette sortie spontanée de Lise Verreault, le ministre de la Santé, Christian Dubé, souhaitait même la nommer de façon permanente à la tête du CISSS de la Montérégie-Ouest. « Elle a du torque. C’est une femme d’action », dira le principal intéressé dans une entrevue menée quelques semaines plus tard.

Mais Mme Verreault refuse le poste. « Je n’ai pas besoin de travailler pour gagner ma vie. J’ai juste besoin de m’occuper », dit cette ex-fonctionnaire, retraitée depuis 2015. Après une carrière foisonnante dans le réseau de la santé, où elle a notamment été sous-ministre, Mme Verreault devait faire le tour du monde avec son conjoint, ancien directeur régional de santé publique du Bas-Saint-Laurent, le DRobert Maguire. Mais plutôt que de se promener aux quatre coins du monde, elle accumule des mandats comme consultante indépendante pour le gouvernement. Sa spécialité : éteindre les feux.

Crise à la présidence de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, enquête à l’obscure Autorité centrale du Québec, observatrice ministérielle au CISSS de Lanaudière à la suite de la mort de Joyce Echaquan… Quand on regarde la liste des dossiers confiés à Mme Verreault, on ne peut que constater l’ampleur de la confiance que les gouvernements de toutes les allégeances portent à cette femme qui connaît le réseau de la santé comme le fond de sa poche.

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Veillée à la mémoire de Joyce Echaquan, le 29 septembre 2020

Des Îles aux taxis

Le premier mandat de consultante de Lise Verreault lui est confié en 2017 par le ministre de la Santé de l’époque, Gaétan Barrette. Elle doit redresser la situation au CISSS des Îles. « Il y avait un problème entre les professionnels et le gestionnaire, se souvient Gaétan Barrette. Tout le monde en menait trop large ou était incapable de prendre les bonnes décisions. Ça faisait un climat toxique. Il fallait agir. Lise Verreault est capable de voir c’est quoi et c’est qui le problème. Elle a fait les recommandations, et j’ai agi. La PDG a été démissionnée, comme on dit. »

En octobre 2017, c’est au tour de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, de lui demander un diagnostic à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) à la suite d’une enquête de La Presse qui soulevait des questions sur la gestion de la présidente, Tamara Thermitus. « Le dossier était extrêmement sensible », reconnaît Mme Verreault, qui a rencontré entre 100 et 200 personnes avant de livrer son avis, qui mènera au départ de la présidente. Mme Verreault produira également un plan de redressement, qui contribuera à faire passer de 17 à 5 mois le délai de traitement des dossiers à la CDPDJ.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Manifestation de chauffeurs de taxi au centre-ville de Montréal, en avril 2019

En décembre 2019, sous le gouvernement actuel, Lise Verreault est nommée présidente de la Table de consultation nationale du transport rémunéré de personnes par automobile. Cette nomination suivait l’arrivée mouvementée de l’entreprise Uber sur le sol québécois. « Ça brassait », dit Mme Verreault. Dans cette intervention, comme dans plusieurs autres, il semble que quand Lise Verreault se mêle d’un dossier, on n’en entend presque plus parler ensuite. Quelle est sa recette ?

« Écouter les gens, répond-elle. Ils connaissent le problème. Et ils connaissent souvent la solution. C’est juste qu’ils ne prennent pas les décisions. »

Puisqu’elle travaille maintenant à son compte, Mme Verreault estime que son indépendance fait aussi sa force. « Je pose les vraies questions. Des fois, les gens à l’interne n’osent pas les poser. Ils ont une carrière à protéger. Moi, je n’ai rien à protéger », dit-elle.

Tourner la crise en opportunité

Un autre dossier tombe sur le bureau de Lise Verreault en novembre 2020 : à la suite de la mort de Joyce Echaquan sous les insultes racistes de membres du personnel aux urgences de l’hôpital de Joliette, le CISSS de Lanaudière est plongé dans une crise de confiance, notamment avec la communauté atikamekw de Manawan.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Daniel Castonguay, ex-PDG du CISSS de Lanaudière

Lise Verreault est dépêchée comme observatrice ministérielle par le ministre Dubé. Son intervention mène au départ du PDG du CISSS, Daniel Castonguay, qui est envoyé à la gestion de la vaccination contre la COVID-19 à Montréal. « Il n’y a pas juste du mauvais chez les gens, commente Mme Verreault. Des fois, c’est un concours de circonstances. Tu as échappé une information. Tu as mal communiqué… Ils ont quand même fait des choses dans leur carrière et tu ne peux pas dire du jour au lendemain qu’ils ne sont plus bons à rien. Je me dis dans ce temps-là : comment je peux réutiliser une personne dans une fonction où elle sera à l’aise ? »

Quelques mois plus tard, alors que les urgences de l’hôpital du Suroît, à Salaberry-de-Valleyfield, débordent pour une énième fois et qu’une crise ébranle la direction du CISSS de la Montérégie-Ouest, le ministre Dubé nomme Mme Verreault comme PDG par intérim. À son arrivée, il n’y a pas de directeur, ni aux services professionnels, ni aux soins infirmiers, ni aux ressources humaines. « Il me restait un directeur des finances… J’ai décidé de tourner ça en opportunité. »

Droit à l’erreur

Durant son séjour au CISSS de la Montérégie-Ouest, Lise Verreault reconnaît avoir fait une erreur en fermant des étages de l’hôpital du Suroît pour libérer du personnel et l’envoyer en renfort aux urgences. « On a essayé. Ça n’a pas fonctionné. On s’est trompé », dit-elle. Mais selon elle, il faut « avoir le droit à l’erreur » : « Si vous êtes parfait, vous allez devenir inhumain. Vous allez être moins intéressant. On a le droit de faire des erreurs. Il ne faut pas trop en faire. Mais on a le droit. »

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Les urgences encombrées de l’hôpital du Suroît, à Salaberry-de-Valleyfield, en juillet dernier

À son départ en juin, même si les pénuries de personnel sont toujours importantes au Suroît et que l’achalandage aux urgences reste encore très problématique, elle croit avoir « ramené la confiance » dans le CISSS.

Un avis partagé par le directeur général adjoint du CISSS, Patrick Murphy-Lavallée. « Ça a été un succès sur toute la ligne. Elle a ramené le calme », commente-t-il. Selon lui, la propension de Mme Verreault à être « empathique et transparente » a permis de « rallier tout le monde autour d’un but commun ». Présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Ouest de la Montérégie, Mélanie Gignac reconnaît que Mme Verreault a fait preuve de beaucoup d’écoute. « Mais son mandat n’a pas été assez long pour rebâtir la confiance, commente-t-elle. La crise est si grande ici que même le meilleur magicien n’y arriverait pas. »

De l’énergie à revendre

Pratiquement toutes les personnes interrogées dans le cadre de ce portrait s’entendent sur un point : Lise Verreault semble dotée d’une réserve inépuisable d’énergie.

Le DMichel Baron se rappelle une anecdote survenue en 2012, alors qu’il avait passé des jours à Tallin, en Estonie, avec Mme Verreault et son équipe à analyser les systèmes informatiques du pays. Les journées, qui débutent à 5 h et finissent vers 20 h, sont éreintantes, raconte le DBaron.

Alors que leur départ est imminent, Lise Verreault convainc son équipe d’aller arpenter les rues de Tallin en touristes avant de prendre l’avion. « Elle a marché toute la ville en 1 h 30 min. On n’a pas été capables de la suivre. On est quelques-uns à être retournés à l’hôtel », relate le DBaron.

Native de Matane, Lise Verreault a toujours été active. Enfant, elle fait de l’équitation l’été. Et l’hiver, elle s’adonne au ski alpin.

Au fil des ans, elle entraîne plusieurs athlètes au mont Castor, à Matane, dont Hugo Harrisson, qui a longtemps gagné sa vie comme skieur professionnel.

PHOTO FOURNIE PAR HUGO HARRISSON

Hugo Harrisson, skieur extrême, en 2001

Joint à Whistler, M. Harrisson se souvient de Lise Verreault comme d’une coach « passionnée de ski ». « Elle venait me chercher le matin pour m’amener à la montagne », dit-il. Son entraîneuse était l’une des rares femmes à l’époque à occuper cette fonction. « Je pense qu’aux yeux d’un enfant, ça aide d’avoir une présence féminine sur les pistes », affirme M. Harrisson.

Mère, employée, étudiante

À l’âge de 20 ans et 24 ans, Lise Verreault donne naissance à ses enfants. La semaine, elle travaille comme conseillère en ressources humaines au CHSLD de Matane. Le soir, elle file à Rimouski pour terminer son baccalauréat (et ensuite sa maîtrise). Une route quotidienne de plus de 200 km. Et le week-end ? Elle est sur les pistes du mont Castor pour entraîner ses athlètes.

C’était la pratique à l’époque. Si tu voulais avancer ou améliorer tes conditions… Je pense que j’avais la capacité physique de le faire. J’avais en masse d’énergie. J’en ai encore !

Lise Verreault

« Je n’arrive pas encore à comprendre comment elle arrivait à mener tout ça de front et à être présente pour nous. Mon père aidait beaucoup. La distribution des tâches familiales n’était pas selon les normes de l’époque. Mais ma mère était tout le temps là quand j’avais besoin. Elle était présente », dit sa fille, Julie Harvey. Encore aujourd’hui, Lise Verreault répond toujours présente pour jouer son rôle de mère, et de grand-mère.

Initiée au ski alpin dès l’âge de 5 ans, Mme Harvey se souvient qu’elle écoutait en famille les courses du circuit de la Coupe du monde à la télévision. Plusieurs années plus tard, elle est devenue physiothérapeute dans l’équipe canadienne de ski et y occupe aujourd’hui des fonctions de gestion. « Ma mère nous a donné la passion du ski », dit-elle.

À l’été 1996, les premières fusions d’établissements de santé s’opèrent au Québec. Des hôpitaux fusionnent avec des CHSLD et des CLSC. Durant l’été, Mme Verreault devient directrice générale par intérim et touche à ces fusions.

Puis son ascension se poursuit. En 2002, elle est nommée PDG de l’Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent. Elle est l’une des rares femmes à occuper cette fonction au Québec. « On était surtout des mâles à cravate ! lance le DMichel Baron, qui était PDG de l’Agence de l’Estrie. Il y avait un genre de club A et B dans les PDG. Elle est rapidement passée dans le groupe des PDG les plus influents. »

Équilibrée grâce au sport

Sous-ministre à la Santé de 2003 à 2008, Roberto Iglesias se souvient que Lise Verreault avait été la première PDG, sinon l’une des premières, à faire des fusions d’établissements avant même l’adoption de la loi amenant ces fusions sous le ministre Philippe Couillard.

PHOTO ARCHIVES LE SOLEIL

Roberto Iglesias

Ses grandes forces, ce sont les ressources humaines. Elle connaît bien les travailleurs de la santé, des différentes catégories. Elle comprend l’importance, l’apport des ressources humaines et est capable de les appuyer, de les faire travailler ensemble. Dans le domaine de la santé, c’est fondamental.

Roberto Iglesias, ex-sous-ministre de la Santé et ex-secrétaire général du gouvernement du Québec

En 2004, Mme Verreault est nommée dans la liste des 100 femmes les plus influentes au pays, aux côtés de Monique Leroux, présidente de Desjardins, et de Suzanne Blanchet, présidente et chef de la direction de Cascades.

Pendant toutes ces années où elle occupe des postes prenants qui lui demandent de travailler 13 heures par jour, 7 jours sur 7, Lise Verreault trouve son équilibre grâce au sport. Le week-end, elle profite du ski avec son garçon et sa fille. Son fils travaille dans la gestion des services alimentaires dans le réseau de la santé du Bas-Saint-Laurent.

Dompter des monstres

Lise Verreault passe au ministère de la Santé en 2007 comme sous-ministre adjointe. C’est le sous-ministre en titre Roger Paquet qui l’a recrutée. Notamment parce que Lise Verreault, « c’est de l’énergie à l’état pur ». « Elle suscite autour d’elle un mouvement d’action, et c’est un élément important dans les fonctions de sous-ministre », note M. Paquet, qui dit n’avoir jamais regretté son choix.

En devenant sous-ministre adjointe à la direction générale du personnel réseau et ministériel, Lise Verreault négocie notamment avec les fédérations médicales. Peu après son arrivée en poste, elle se présente à la table de négociation avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Lise Verreault raconte que les gens de la FMOQ lui disent qu’elle n’a pas besoin de venir aux rencontres, car ses représentants font un excellent travail. Sa réponse : « Non, je vais revenir. »

Une semaine plus tard, elle est de retour à la table. Ce sont alors les gens de son propre ministère qui lui disent qu’elle n’est pas obligée de venir. « Je leur ai dit : “Moi, je viens négocier avec vous autres. Moi, je viens du terrain. Je sais c’est quoi, les besoins de la population.” »

Le DLouis Godin, président de la FMOQ, reconnaît que Mme Verreault était « beaucoup plus présente que ses prédécesseurs » aux tables de négociation. Il se souvient d’une personne qui a « beaucoup d’écoute ». « Une qualité essentielle en négociation, dit-il. […] C’est facile d’échanger avec elle. Mais elle ne nous donnait pas tout ce qu’on voulait, loin de là ! »

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, ici en 2015

Gaétan Barrette était quant à lui président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec de 2006 à 2014. Il estime que Mme Verreault « ne se défile pas devant les problèmes ». « Elle a le caractère pour affronter toutes catégories de personnel, y compris les médecins », dit-il.

En 2009, Jacques Cotton cède sa place à Lise Verreault à la direction générale de la coordination, du financement, des immobilisations et du budget au MSSS. « C’était le poste, selon moi, le plus important du Ministère. Il a été depuis fractionné. Mais tu gérais les budgets, les immobilisations, tu coordonnais tous les PDG. Le réseau de la santé relevait de toi », dit-elle. Certains PDG ont peut-être trouvé ces deux années, marquées par les mesures d’austérité, difficiles, reconnaît Mme Verreault. « Mais il fallait revenir à l’équilibre », dit-elle.

À cette époque, Mme Verreault souligne avoir dû « se battre » pour avoir un salaire équivalent à celui de son prédécesseur. Elle raconte avoir demandé si cette iniquité était parce qu’elle était une femme. « C’était une question de principe. […] J’avais la capacité et l’énergie pour dire : au pire, ils me retourneront chez nous ! », dit-elle. Elle a finalement obtenu ce qu’elle demandait.

Le Dossier santé Québec

En 2011, on pressent Mme Verreault pour lui confier le dossier le plus mal aimé du MSSS : l’informatisation du réseau de la santé. À l’époque, les cafouillages s’accumulent. Les retards s’ajoutent aux dépassements de budget. Personne ne veut de ce dossier casse-gueule. En acceptant, Mme Verreault devient la sixième fonctionnaire en deux ans et demi à gérer le Dossier santé Québec (DSQ).

Sous-ministre en titre à la Santé à l’époque, Jacques Cotton se souvient que Lise Verreault s’était montrée au départ « hésitante » à prendre en charge le Dossier santé Québec, qui « s’en allait tout croche ». « Elle a accepté ce gros mandat, et elle n’a pas regretté. Elle a fait un travail extraordinaire, raconte-t-il. […] Ses dossiers, elle les connaît. Quand on rencontrait le ministre et qu’il posait des questions, elle avait les réponses. »

Selon M. Cotton, Lise Verreault peut être « assez sévère par rapport à son entourage ». « Mais de façon correcte. Sévère dans le sens qu’elle est exigeante, dit-il. Elle est exigeante envers son personnel et tout le monde, mais de façon positive. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Le ministre Yves Bolduc faisant le point sur l’état d’avancement de l’informatisation du réseau de la santé en 2011

Avec une poignée de spécialistes, Lise Verreault forme un bureau de programme pour redresser le navire du DSQ. Le DMichel Baron était de cette équipe : « Elle a fait un travail de leadership. Il y avait un méchant ménage à faire là-dedans. Tous ceux qui se sont essayés se sont cassé la noix après trois mois. Pas elle. » En septembre 2011, Le Devoir rapporte que le vérificateur général, qui avait pourtant produit plusieurs rapports dévastateurs sur la gestion du DSQ, affirme enfin voir « une forte amélioration de la gouvernance dans ce dossier-là ».

Pour le ministre de la Santé à l’époque, Yves Bolduc, arrivé en poste en 2008, Lise Verreault a « une habileté à livrer la marchandise ». Et la mise en place du Dossier santé Québec est le meilleur exemple.

On a demandé à Lise Verreault de s’occuper de ça. Et je m’en souviens : en peu de temps, elle avait complètement reviré ça de bord ! Et aujourd’hui, le Dossier santé Québec, c’est très utile, ça donne accès à toute l’information du patient.

Yves Bolduc, ex-ministre de la Santé

Pour Julie Harvey, les succès de sa mère s’expliquent parce que c’est une femme « très juste et efficace ». « Elle est toujours en mode solution », dit-elle.

Une main de fer dans un gant de velours

Sous le règne de Réjean Hébert comme ministre de la Santé en 2013, Lise Verreault sera nommée sous-ministre en titre. « Lise, c’est une main de fer dans un gant de velours, affirme M. Hébert. Elle est extrêmement déterminée. Rigoureuse. Elle passe ses messages de façon ferme, mais avec humanité. Elle ne niaise pas avec le puck. Elle prend des décisions. »

Le règne de sous-ministre de Mme Verreault sera toutefois de courte durée : à son arrivée au pouvoir un an plus tard, le ministre Gaétan Barrette remplace Mme Verreault par Michel Fontaine. Lise Verreault devient sous-ministre à l’Enseignement supérieur.

« On avait besoin d’une bonne ressource là. C’est une femme qui impose le respect. Et en enseignement supérieur, c’est fondamental », raconte Roberto Iglesias, qui est à ce moment le numéro un des fonctionnaires et le secrétaire général du gouvernement. Ce dernier souligne que Lise Verreault est respectée par la haute fonction publique du Trésor et des Finances. « Quand tu as le respect de ces organisations-là, ça va relativement bien pour toi ! »

Le DMichel Baron, lui, croit que Lise Verreault a été « tassée » entre autres parce qu’elle « était soupçonnée d’être péquiste ». Pour lui, son retour en force comme consultante est d’autant plus impressionnant. « Lise a la qualité de ne susciter aucun antagonisme. Tu ne peux pas ne pas l’aimer », dit-il.

Sans commenter cet épisode, Mme Verreault déplore le fait que quand un nouveau parti politique est élu, « on fait bouger tous les sous-ministres en titre ».

Ils devraient laisser les personnes et les choisir en fonction de leurs compétences et non pas en fonction de leur allégeance.

Lise Verreault

Mme Verreault restera brièvement à l’Enseignement supérieur et terminera sa carrière au conseil exécutif jusqu’à sa « retraite », en décembre 2015, avant de devenir la « pompière » du gouvernement.