(Québec) Simon Jolin-Barrette lance mardi les consultations publiques sur sa réforme de la Charte de la langue française avec un « appel au calme » à ceux qui s’opposent à la volonté du gouvernement de donner plus de mordant à la loi 101.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

« L’heure est venue de poser des gestes forts et concrets », a plaidé le ministre responsable de la Langue française, alors que le Parti québécois — qui a fait adopter la Charte en 1977 — l’accuse de ne pas proposer des mesures qui inverseront le déclin du français dans la province.

« On va le briser, le tabou. Ça ne sera pas populaire si on veut prendre des mesures pour stopper le déclin et renverser la tendance. L’idée, ce n’est pas d’être populaire, c’est d’être efficace. C’est de s’assurer [que la réforme] fonctionne et ça va déplaire à du monde », a tonné le député péquiste Pascal Bérubé.

Sa vis-à-vis libérale, Hélène David, a pour sa part qualifié le projet de loi 96 du gouvernement Legault d’« ambitieux », qui mérite qu’on prenne le temps nécessaire pour l’étudier. Elle a demandé à Québec d’assurer qu’il n’utilisera pas la procédure du bâillon pour l’adopter rapidement, comme cela a été fait par le passé pour la loi 21 sur la laïcité de l’État.

Les libéraux auront comme ligne de réflexion d’être « inclusifs », afin de sortir de l’étude du projet de loi « réuni », et non divisé. La députée de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a également affirmé mardi que la réforme de la loi 101 « est une opportunité de nos unir » en tant que société.

Pour Mme Ghazal, la langue française est « la langue du cœur, mais il faut aussi qu’elle soit la langue du pain, et pour qu’elle vive, il faut tous les Québécois travaillent en français ».

Le projet de loi 96, déposé au printemps dernier, bénéficiera des plus importantes consultations publiques de la présente législature. Plus de 50 groupes et témoins seront entendus en commission parlementaire au cours des prochaines semaines.

Dans sa présentation d’ouverture, Simon Jolin-Barrette a rappelé que son projet de loi prévoit entre autres le principe d’exemplarité de l’État en matière de protection du français et de nouvelles balises pour protéger le droit de travailler en français au Québec. Les employeurs devront entre autres justifier les postes qui nécessitent du bilinguisme.

Québec prévoit aussi la création de Francisation Québec, pour offrir des cours de français à tous les citoyens domiciliés au Québec, ainsi que de nouvelles mesures pour stopper la croissance de l’effectif étudiant francophone ou allophone dans les cégeps anglophones. Le gouvernement marque aussi les esprits en faisant l’inscription dans la Constitution canadienne que le français est la seule langue officielle du Québec.