(Québec) Invoquant un « devoir d’exemplarité » de l’État, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) doit se retirer de l’industrie des énergies fossiles dans un horizon de cinq ans, propose le Parti libéral du Québec.

Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

La cheffe libérale, Dominique Anglade, doit présenter ce dimanche une série de mesures pour accélérer le virage vert du Québec.

Les libéraux demandent à la CDPQ de se tourner vers des « domaines d’avenir » alors que le bas de laine des Québécois ne peut plus, selon eux, « servir à financer la construction de pipelines et l’expansion des sables bitumineux ».

Dominique Anglade s’engage, à une année des élections provinciales, à exiger que la CDPQ opère ce virage si elle prend le pouvoir en 2022. Elle estime que les « leaders politiques doivent montrer l’exemple » s’ils veulent être cohérents avec leur discours environnemental.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade

Depuis son arrivée à la tête du Parti libéral, Dominique Anglade affirme vouloir présenter une vision « moins comptable » de l’économie qui intégrera le progrès social et environnemental. Sa proposition vise non seulement les activités de production d’hydrocarbures, mais aussi le raffinage et le transport par pipelines.

La coalition Sortons la Caisse du carbone a évalué que les placements de la CDPQ dans le pétrole et le gaz avaient été déficitaires durant la dernière décennie et que 2020 avait été la pire année, avec une chute de valeur de près de 32 % pour les 50 principaux investissements boursiers de la Caisse dans les énergies fossiles et une perte de rendements supplémentaires de 4,2 milliards.

Le Parti libéral dit ainsi vouloir aller plus loin que le gouvernement Legault. La cheffe libérale estime que le gouvernement de la Coalition avenir Québec continue d’« opposer la protection de l’environnement à la performance économique ».

Elle propose aussi que le Québec renonce à toute forme d’exploitation pétrolière et gazière. Cela implique de n’accorder aucun nouveau permis d’exploration et de mettre fin aux permis d’exploitation existants.

Elle veut aussi qu’on investisse les sommes nécessaires pour « récupérer et sécuriser » les puits de forage abandonnés.

Fin de l’exploration et de l’exploitation au Québec

La Presse rapportait mercredi que le gouvernement Legault allait sonner cet automne la fin de l’exploration et de l’exploitation des énergies fossiles au Québec. Le comité sur le suivi du Plan pour une économie verte ferait une recommandation en ce sens dans un rapport qui sera soumis sous peu au gouvernement, a-t-on appris.

Dans les officines gouvernementales, on affirme que les dédommagements couvrent généralement les investissements consentis, mais pas les bénéfices théoriques qui auraient découlé de l’exploitation du gisement. Aussi les évaluations fluctuent-elles énormément : de 3 à 5 milliards si on tient compte des recettes théoriques, autour de 500 millions si on se rapproche des sommes investies.

Les partis de l’opposition à Québec ont tous fait valoir qu’ils voulaient remettre l’enjeu environnemental au premier plan cet automne alors qu’il a été éclipsé par la pandémie. Avec sa décision, le gouvernement Legault tentera d’enlever des munitions à ses adversaires.

Avec Denis Lessard, La Presse