(Orford) Aucun député ne pourra changer de circonscription en vue des élections générales de 2022, tranche la cheffe libérale Dominique Anglade pour faire taire les rumeurs au sujet d’élus de son parti qui voudraient se réfugier en territoire plus sûr.

Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Dans les rangs du Parti libéral du Québec, des députés ont relayé sous le couvert de l’anonymat une rumeur persistante selon laquelle leur collègue Marie Montpetit (Maurice-Richard) souhaiterait se présenter dans la circonscription voisine de l’Acadie. Cette dernière est occupée par Christine St-Pierre, dont le départ est fort probable à la fin du mandat.

Isabelle Melançon (Verdun) serait également tentée de se réfugier dans une autre circonscription, toujours selon des échanges entre élus libéraux.

Marie Montpetit et Isabelle Melançon ont toutes deux affirmé à La Presse qu’elles avaient l’intention de briguer à nouveau les suffrages dans leur circonscription. Elles se disent étonnées qu’une telle rumeur circule à leur sujet au sein du caucus de leur parti.

Les circonscriptions montréalaises de Maurice-Richard et de Verdun ont un point commun : elles pourraient basculer du côté de la Coalition avenir Québec, selon les plus récentes projections de Philippe J. Fournier de Qc125, qui se basent sur les sondages et les tendances électorales des dernières décennies.

Suspense quant à l'avenir de vétérans du PLQ

Pendant ce temps, des bastions libéraux de Montréal pourraient bien se libérer avec le départ probable de vétérans. La députée Lise Thériault a annoncé la semaine dernière qu’elle ne solliciterait pas de nouveau mandat en 2022. Dominique Anglade avait d’ailleurs demandé à ses députés de lui indiquer cet été s’ils seraient de la prochaine course électorale.

Elle a affirmé mercredi devant les journalistes savoir maintenant « où ses députés logent » et ce qu’ils « ont l’intention de faire », sans autres détails.

L’ex-ministre Gaétan Barrette a exprimé mercredi « le souhait profond » de revenir au ministère de la Santé si les libéraux reprennent le pouvoir en 2022, mais il a, du même souffle, dit ne pas avoir encore décidé s’il solliciterait un nouveau mandat.

À son souhait, la cheffe a répondu en mêlée de presse : « Nous avons une excellente porte-parole qui s’appelle Marie Montpetit à la Santé. »

Kathleen Weil a confirmé être en réflexion. Christine St-Pierre, Nicole Ménard, Hélène David et Carlos Leitão ont laissé planer le suspense. Pierre Arcand, qui préside le caucus libéral, a, pour sa part, dit « ne pas être très avancé dans sa réflexion » quant à son avenir politique. Il dit estimer avoir « encore une bonne utilité » en raison de son expérience.

Bien qu’elle veuille insuffler un vent de changement à sa formation, Mme Anglade a assuré que tous les députés qui souhaitaient « se représenter aur[aie]nt une place » dans les rangs libéraux.

Opérer « un virage »

À une année des élections générales de 2022, la cheffe libérale – couronnée en pleine pandémie – veut d’ailleurs opérer « un virage » et se distancer de ses prédécesseurs.

« On parle d’avenir et je ne suis pas mon prédécesseur. J’amène quelque chose d’autre à ma formation politique. J’amène un leadership qui est assumé sur un certain nombre d’enjeux. Le premier est la place du Québec au sein de la fédération, de défendre les intérêts et les champs de compétence du Québec », a-t-elle insisté lors d’une entrevue en marge du caucus présessionnel, à Orford.

Mardi, elle a pris l’engagement d’offrir à tous les parents québécois une place en service de garde subventionné – à un tarif unique – d’ici cinq ans. Elle a ainsi rompu avec l’approche de l’ancien gouvernement Couillard, qui avait mis de l’avant une réforme de la tarification des services de garde en fonction des revenus des parents, en 2014.