(Orford) L’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a exprimé le « souhait profond » de retourner à la santé si les troupes libérales prenaient le pouvoir en 2022. Au premier jour du caucus libéral, plusieurs députés vétérans n’ont pas voulu se prononcer sur leur avenir politique à une année des élections générales.

Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

« Je vais vous le dire très, très formellement. La réponse c’est oui, c’est mon souhait le plus profond qui va peut-être rester un souhait », a lancé mercredi le député de La Pinière, répondant à la question à savoir s’il aimerait reprendre les commandes du ministère de la Santé d’un gouvernement libéral.

L’ex-ministre Gaétan Barrette a cependant affirmé n’avoir pas encore décidé s’il solliciterait un nouveau mandat l’an prochain. Il a par ailleurs assuré ne sentir « aucune pression » de quitter les rangs de la formation, qui se réunit en caucus présessionnel à Orford.

Appelée à réagir aux propos de son député, la cheffe Dominique Anglade n’a pas voulu s’aventurer sur l’éventualité de nommer M. Barrette à la tête de cet imposant ministère si elle prenait le pouvoir en 2022. « Nous avons une excellente porte-parole qui s’appelle Marie Montpetit à la Santé », a-t-elle répété.

Gaétan Barrette a défendu bec et ongles sa réforme montrée du doigt par la commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, dans son rapport préliminaire sur la première vague de la pandémie pour les personnes âgées hébergées au Québec, publié la semaine dernière.

Le député libéral a refusé de prendre une partie du blâme. « Pour ce qui s’est passé pendant la crise : non. Parce qu’on ne juge pas un système en fonction de ce qui se passe dans une crise », a-t-il défendu. Il a plutôt martelé que le gouvernement Legault n’avait pas donné suite à sa réforme.

« Les éléments soulevés [par la commissaire Castonguay] notamment en CHSLD, on s’y était [attaqué]. On a mis en place les mesures en question [mais], elles n’ont pas été continuées. Est-ce que c’est ça qui a amené la crise ? Non. Je vous dis simplement que si ça avait été continué, ça aurait été vécu différemment », a-t-il expliqué devant les journalistes.

Il a rappelé que « ça prenait deux mandats » pour déployer comme il le souhaitait sa réforme. « C’est un peu de la mise en place dans le premier mandat, on met en place des éléments qu’on habille après », a-t-il illustré.

Avenir politique incertain

Plusieurs vétérans de la formation politique continuent de faire planer le suspense sur leur avenir politique. La députée Lise Thériault a annoncé la semaine dernière qu’elle ne sera pas de la ligne de départ en 2022.

La nouvelle cheffe Dominique Anglade a demandé à ses députés de lui indiquer au cours de l’été s’ils seraient de la prochaine course électorale. Mercredi, elle a affirmé savoir « où ses députés logent présentement » et ce qu’ils « ont l’intention de faire ». Pourtant, la plupart des députés rencontrés en début de caucus n’ont rien voulu confirmer sur leur avenir politique.

« Dans la grande majorité des cas, je sais ce qu’ils ont l’intention de faire et quand ils auront des choses à annoncer, ils les annonceront », a-t-elle insisté.

La députée Kathleen Weil a confirmé aux journalistes être actuellement en réflexion. Les élues Christine St-Pierre et Nicole Ménard ont exprimé qu’il fallait réfléchir avant de solliciter un nouveau mandat comme « à chaque élection », tout comme Hélène David. Le député Carlos Leitão n’a pas répondu directement à la question.

Le député Pierre Arcand, qui préside le caucus libéral, a, pour sa part, dit « ne pas être très avancé dans sa réflexion » ni n’avoir abordé la question avec sa famille.

« J’ai fait un bon bout de chemin [comme élu] et dans mon comté la réception de gens est encore très valable parce que comme les gens me disent : l’expérience, ça ne s’achète pas […] je pense que j’ai encore une bonne utilité », a-t-il expliqué.

Bien qu’elle veuille incarner « un renouveau », la cheffe Dominique Anglade que les députés qui souhaitent « se représenter auront une place » au sein de sa formation.

La nouvelle cheffe veut opérer « un virage » en se distançant de ses prédécesseurs. Mardi, elle a pris l’engagement d’offrir à tous les parents québécois une place en service de garde subventionné-à un tarif unique-d’ici cinq ans.

Elle a ainsi rompu avec l’approche de l’ancien gouvernement de Philippe Couillard qui avait mis de l’avant une réforme de la tarification des services de garde en fonction des revenus des parents, en 2014.

Les formations politiques provinciales sont toutes réunies en caucus cette semaine à quelques jours de la reprise des travaux parlementaires à Québec. Il s’agit aussi du moment d’établir leur stratégie pour l’automne alors que des élections générales se tiendront en octobre 2022.