(Ottawa) Les conservateurs exhortent le gouvernement libéral à en faire davantage pour s’assurer que les Canadiens qui ont reçu deux doses différentes de vaccins puissent voyager sans encombre à l’étranger.

La Presse Canadienne

La porte-parole conservatrice en matière de santé, Michelle Rempel Garner, a écrit une lettre à la ministre Patty Hajdu, dans laquelle elle évoque plusieurs cas de Canadiens qui se seraient vu interdire l’entrée dans certains pays en raison de leur statut vaccinal mixte.

La députée de Calgary-Nose Hill soutient qu’en l’absence d’instructions fédérales claires, les autorités sanitaires provinciales ont commencé à évoquer la possibilité d’offrir une troisième dose aux Canadiens qui doivent voyager là où leur statut vaccinal n’est pas reconnu.

Le gouvernement du Québec offre ainsi une dose supplémentaire d’un vaccin à ARN messager aux gens qui veulent voyager dans un pays qui ne reconnaît pas leur statut vaccinal « mixte ». Le ministère a précisé lundi que l’administration d’une troisième dose demeurait « une mesure d’exception pour les personnes qui ont un voyage essentiel prévu à l’extérieur du pays, à court terme, et qui doivent répondre à des exigences de vaccination ».

Mme Rempel Garner précise toutefois dans sa lettre que le ministère de la Santé du Québec prévient les voyageurs que la sécurité de cette pratique n’était pas clairement établie et qu’ils devraient demander conseil pour peser les risques d’une troisième dose d’un vaccin à ARN-m — Pfizer-BioNTech ou Moderna.

La députée conservatrice demande donc au gouvernement fédéral de publier des lignes directrices sur les troisièmes doses, afin que les Canadiens puissent faire des choix sûrs et éclairés. En attendant les données pour soutenir les troisièmes doses, elle estime que le gouvernement canadien devrait publier un plan pour que soit reconnu dans le monde un statut de vaccination mixte.

« Les Canadiens ont écouté vos conseils et se sont fait vacciner. Le moins que vous puissiez faire, maintenant, c’est de leur dire ce que votre gouvernement fait pour s’assurer que leur statut vaccinal soit reconnu à l’étranger », écrit-elle dans la lettre à la ministre Hajdu.

Plus tôt cette semaine, la ministre de la Santé de l’Ontario, Christine Elliott, avait elle aussi pressé Ottawa de travailler avec l’Organisation mondiale de la santé pour s’assurer que les Canadiens qui ont reçu une vaccination mixte soient reconnus à l’étranger comme « pleinement vaccinés ».

Les États-Unis ont hésité à autoriser l’administration d’un vaccin Moderna suivi d’un vaccin Pfizer-BioNTech, ou vice versa. Par ailleurs, de nombreux pays européens ne reconnaissent pas le vaccin Oxford-AstraZeneca fabriqué en Inde au Serum Institute, ce qui pourrait avoir un impact sur les Canadiens qui ont reçu ce produit. Plusieurs croisiéristes ont également déclaré qu’ils n’accepteraient pas à bord les voyageurs au statut vaccinal mixte.

Le cabinet de la ministre Hajdu n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur la lettre de Mme Rempel Garner.

Le premier ministre Justin Trudeau et la vice-première ministre, Chrystia Freeland, font partie des nombreux Canadiens qui ont reçu deux vaccins différents — l’Oxford-AstraZeneca en première dose et le Moderna en deuxième. Mme Freeland a déclaré la semaine dernière que les conseils permettant aux Canadiens d’obtenir des doses mixtes étaient fondés sur la science et elle a cité des recherches montrant même que l’administration de deux doses différentes offrait une protection supérieure.

« En tant que ministre des Finances, j’ai assisté à la réunion du G20 en Italie au début du mois et on a certainement reconnu là-bas mon statut de vaccination mixte », a-t-elle déclaré aux journalistes lors d’une allocution virtuelle à Whitehorse.