(Ottawa) Le ministre des Transports Omar Alghabra salue l’ouverture dont font preuve les entreprises qui permettent le télétravail à leurs employés. Il juge d’ailleurs qu’un tel changement dans le monde du travail s’inscrit tout à fait dans le train de mesures que doit mettre en œuvre le Canada si l’on veut atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

À lui seul, le secteur des transports est responsable de près de 23 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au pays, a tenu à rappeler le ministre Alghabra dans une entrevue éditoriale accordée à La Presse. « S’il y a moins de tuyaux d’échappement de voitures qui émettent des GES sur nos routes, et s’il y a moins de congestion automobile, il est évident que cela va contribuer à réduire nos émissions », a-t-il affirmé.

Étant un important employeur au pays, le gouvernement fédéral entend prêcher par l’exemple à cet égard en offrant la flexibilité aux employés de l’État, a-t-il laissé entendre.

« Notre priorité depuis quelques mois a été de combattre la crise sanitaire. Mais il faut continuer de s’attaquer à la crise des changements climatiques. Oui, la pandémie a permis de réduire les émissions de GES parce qu’il a fallu mettre l’économie pratiquement sur pause. Mais la crise climatique n’est pas terminée », a lancé le ministre.

« La COVID-19 a certainement mis en relief nos vulnérabilités au sein de notre société et dans le domaine de l’économie. Mais cette crise nous a aussi démontré que l’on peut faire des choses que l’on pensait impossibles auparavant », a-t-il enchaîné.

On peut faire les choses différemment. On peut et on doit être plus flexibles sur la question du lieu de travail.

Omar Alghabra, ministre des Transports du Canada

En entrevue, M. Alghabra a convenu que le secteur des transports avait été l’un des plus durement frappés depuis le début de la pandémie. Mais il se dit optimiste que les compagnies aériennes, les aéroports, les bateaux et les autres modes de transport vont rebondir au fur et à mesure que le gouvernement fédéral et les provinces lèveront les restrictions sanitaires.

Alors que la campagne de vaccination va bon train, le ministre est convaincu qu’en septembre ou en octobre, la situation aura changé : « Nous serons dans un tout autre monde. »

« Je suis très optimiste au sujet de l’avenir de ce secteur parce que j’ai vu jusqu’à quel point ce secteur est résilient et innovateur. Il s’est adapté rapidement aux circonstances de la COVID et aux mesures sanitaires. Et le gouvernement a pris la décision stratégique de le soutenir », a-t-il souligné.

« Beaucoup d’emplois dépendent du secteur des transports. Et beaucoup de Canadiens qui ne travaillent peut-être pas directement dans ce secteur en dépendent quand même. »

Les dossiers liés au Québec

Depuis qu’il a accédé à la barre du ministère des Transports, en janvier, M. Alghabra a réglé beaucoup de dossiers liés au transport qui touchaient le Québec. À titre d’exemple, un accord sur le financement de la construction de la station du REM à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau a été conclu avec le gouvernement du Québec, la Banque d’infrastructure du Canada et Aéroports de Montréal.

Ensuite, Ottawa a signé une entente d’aide financière de près de 6 milliards de dollars avec le transporteur Air Canada, en grande partie sous forme de prêts. Une entente de 700 millions avec les mêmes contours a été conclue avec le transporteur Air Transat.

M. Alghabra a annoncé une entente avec Canadien Pacifique qui permettra de lancer d’ici quelques semaines les travaux de la voie de contournement de Lac-Mégantic. Ces travaux devront être terminés au plus tard à l’automne 2023.

Et il a travaillé en étroite collaboration avec le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, sur un programme de près de 2 milliards de dollars annoncé dans le dernier budget pour le secteur de l’aérospatiale. Cette industrie est cruciale pour l’économie du Québec, et aussi pour la région de Mississauga qu’il représente à la Chambre des communes.

C’était un honneur pour moi d’être nommé ministre des Transports. Mais je sais que je devais remplir de gros souliers et que je remplaçais quelqu’un qui est bien connu au Québec [Marc Garneau].

Omar Alghabra, ministre des Transports du Canada

« Je n’avais jamais été ministre auparavant et j’ai de la difficulté en français. Alors j’étais conscient du défi qui m’attendait. Je sais que les Québécois respectent les gens qui travaillent fort et qui livrent la marchandise pour eux », a-t-il tenu à souligner dès le début de l’entrevue.

« Je suis ingénieur de formation. Et un ingénieur a toujours comme but de poser un diagnostic pour trouver les anomalies et aller au fond d’un problème pour le régler le plus rapidement possible. C’est un peu ce que j’amène en politique. »