(Québec) La Coalition avenir Québec (CAQ) veut-elle tuer la tradition du grand spectacle de la fête nationale à Montréal ?

Patrice Bergeron La Presse Canadienne

Le gouvernement Legault a refusé ce printemps de s’engager au retour de ces grandes célébrations télédiffusées après la pandémie en 2022, alors que le Parti québécois (PQ) y tient, pour la tradition, mais aussi pour le symbole : Montréal fait partie du Québec.

Quand elle était dans l’opposition, la CAQ avait déjà critiqué l’organisation de la fête nationale, qui est toujours propice à l’expression de la ferveur indépendantiste.

« Une décision politique »

Selon le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, c’est « forcément une décision politique » qu’a prise la CAQ pour favoriser ou défavoriser un lieu en fonction de ses intérêts partisans.

Jeudi, le spectacle de la fête nationale sera diffusé à partir du Manoir Richelieu à La Malbaie, dans Charlevoix, mais il n’y aura pas le grand spectacle habituel à Québec mercredi et à Montréal jeudi, en raison de la pandémie.

Toutefois, pour la suite, 2022 et les années suivantes, c’est un « faux choix » que d’opposer Montréal aux régions, estime M. St-Pierre Plamondon.

Les deux grands évènements peuvent avoir lieu, le 23 à Montréal et à Québec, le 24 dans une région choisie, a-t-il soutenu dans une entrevue avec La Presse Canadienne.

Historiquement, il y a toujours eu une Saint-Jean télévisée à partir de la métropole du Québec et ce serait un « drôle de signal sur l’appartenance de Montréal au Québec » que de vouloir interrompre la tradition, poursuit M. St-Pierre Plamondon.

« C’est fondamental pour l’intégration des nouveaux arrivants d’avoir cette activité à Montréal, plutôt que de symboliser un détachement de Montréal par rapport au reste du Québec, a-t-il plaidé. La fierté nationale, ce n’est pas qu’une affaire régionale, c’est partout au Québec. »

« Considérations électoralistes »

En outre, s’il faut choisir un seul spectacle, le lieu de cette unique fête nationale pourrait être choisi au gré de l’humeur du gouvernement, « en fonction de considérations électoralistes, dans les circonscriptions qu’un tel ou un tel préfère », dénonce le chef péquiste.

« La fête nationale à Montréal et à Québec » sont des incontournables, indépendamment du choix de la région qui accueillerait l’autre spectacle, a-t-il conclu.

En avril, le conseil municipal de la Ville de Montréal avait demandé au gouvernement de garantir dans les plus brefs délais le retour du spectacle télévisé de la Saint-Jean, à compter de 2022.

En mai, la ministre de la Culture, Nathalie Roy, avait dit souhaiter de tout cœur le retour des spectacles télévisés dans la métropole et la capitale, mais s’était bien gardée de confirmer leur retour pour 2022.

Rappelons que du temps où elle était dans l’opposition, la CAQ avait demandé de faire cesser les discours souverainistes durant la fête nationale. La CAQ souhaitait qu’on retire le mandat d’organiser la fête nationale au Mouvement national des Québécois (MNQ). Cet organisme s’occupe de coordonner les festivités depuis 1984.