(Ottawa) À la veille du départ des députés fédéraux pour l’été, le projet de loi sur l’interdiction des thérapies de conversion a été adopté par la Chambre des communes. Dans les banquettes conservatrices, des dizaines s’y sont opposés.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

La mesure législative C-6 a été approuvée par une écrasante majorité, avec 263 voix contre 63 voix, mardi.

Les votes en défaveur du projet de loi sont tous venus des banquettes conservatrices, si l’on fait exception de celui de l’indépendant Derek Sloan, qui était chez les conservateurs avant d’être éjecté du caucus.

Le chef de la formation, Erin O’Toole, l’a appuyé. Sa cheffe adjointe, Candice Bergen, a voté non.

Et comme ce fut le cas récemment lors d’un vote sur un projet de loi antiavortement, les députés québécois conservateurs ont fait bande à part.

Les libéraux ont fait de C-6 une arme politique, en l’exploitant pour dépeindre le Parti conservateur comme une formation rétrograde prise en otage par une frange de la droite religieuse.

Après que plus de 50 % de la députation conservatrice eut dit non à la mesure législative, le porte-parole du parti en matière de justice, Rob Moore, a transmis un communiqué de presse pour revenir sur le vote.

« Les conservateurs s’opposent clairement à la thérapie de conversion et aux tentatives pour obliger une personne à changer son orientation sexuelle », a-t-il déclaré.

Certains députés qui ont pris la parole, dont le volubile Garnett Genuis, ont critiqué C-6 en arguant que la définition de la thérapie de conversion y est inadéquate.

D’autres ont cependant tenu des propos qui ont fait bondir dans les banquettes bloquistes, néo-démocrates et libérales lors des débats aux Communes.

L’une d’elles, Tamara Jansen a par exemple cité l’exemple de « Charlotte », une jeune femme qui lui avait dit avoir vu un conseiller « à un moment de sa vie où elle ne voulait plus poursuivre ses activités lesbiennes ».

Vers la mort au feuilleton ?

Maintenant qu’il a été approuvé en troisième lecture par la Chambre des communes, le projet de loi prend la direction du Sénat.

Les risques qu’il meure au feuilleton sont réels, avec une possible élection fédérale qui pointe à l’horizon.

La chambre haute ajourne cependant ses travaux pour l’été vendredi, selon le calendrier établi, lequel peut cependant être modifié.

Mais vu le goulot d’étranglement législatif au Sénat, il serait étonnant que le projet de loi C-6 aille plus loin dans la présente législature.