(Bruxelles) Justin Trudeau a profité de son passage au sommet de l’OTAN pour souligner la nécessité de présenter un front uni contre la Russie, la Chine et la menace générale de l’autoritarisme dans le monde.

Stephanie Taylor La Presse Canadienne

Le premier ministre était à Bruxelles lundi pour assister à une réunion de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), puis à un sommet Canada-Union européenne.

M. Trudeau a commencé sa journée en rencontrant le président de la Lettonie, où des militaires canadiens coordonnent l’Opération REASSURANCE, qui vise à dissuader Moscou de mener des activités hostiles dans la région.

Le premier ministre s’est ensuite entretenu avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, qui a déclaré que l’organisation amorçait un nouveau chapitre et que le Canada avait toujours été un défenseur de cette alliance militaire entre l’Amérique du Nord et l’Europe.

Certains dirigeants du sommet n’ont d’ailleurs pas manqué de souligner que l’OTAN avait retrouvé un sentiment d’unité après une ère que M. Trudeau a qualifiée d’« intéressante », sans nécessairement nommer personne. C’est le premier sommet à avoir lieu depuis plusieurs années sans l’ancien président américain Donald Trump, qui avait qualifié l’OTAN d’« obsolète ».

« C’est différent », a admis M. Stoltenberg lorsqu’on l’a interrogé sur la dynamique avec le président américain Joe Biden maintenant assis autour de la table. Lors de sa rencontre avec M. Stoltenberg, le président Biden avait d’ailleurs rappelé l’importance de la participation des États-Unis au sein de l’OTAN, y compris son rôle historique, et l’engagement de l’Amérique du Nord envers ses alliés européens.

Et pour la première fois, l’OTAN a pris position sur la Chine. Le communiqué final indique que « les ambitions déclarées de la Chine et son assertivité présentent des défis systémiques pour l’ordre international fondé sur des règles et dans des domaines revêtant de l’importance pour la sécurité de l’Alliance ». Les leaders des pays membres de l’OTAN se disent préoccupés par des « politiques coercitives » de Pékin et par l’accroissement rapide de son arsenal nucléaire.

Trudeau évite de confronter Pékin

Les dirigeants souhaitent par ailleurs maintenir « un dialogue constructif avec la Chine lorsque cela est possible », sur des questions « revêtant de l’importance pour l’Alliance et sur des défis communs, comme le changement climatique ».

C’est aussi la position qu’a adoptée M. Trudeau. Le premier ministre a déclaré que pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le monde, la Chine devait être partenaire, ce qui, selon lui, peut être fait tout en s’opposant à ses violations des droits de la personne, et en travaillant avec d’autres alliés pour devenir une solution économique et commerciale compétitive. « Et il est plus important que jamais que nous soyons unis. »

M. Trudeau a déclaré que les nations doivent s’unir pour lutter contre les crises, de la COVID-19 au changement climatique, c’est pourquoi il a déclaré que le Canada s’était engagé à proposer de devenir un « centre d’excellence » pour examiner les effets du réchauffement climatique sur la défense et la sécurité.

Le premier ministre a estimé qu’il y avait eu un changement géopolitique, le monde connaissant maintenant une montée générale de l’autoritarisme, y compris en provenance de Chine.

Il a soutenu que les alliés de l’OTAN doivent démontrer qu’il existe une autre voie que la tactique du « bras de fer » adoptée par des pays comme la Chine. Il a également noté que la Russie était maintenant pire dans ses relations avec les pays de l’OTAN et plus perturbatrice qu’elle ne l’a été depuis des décennies — il a même affirmé qu’il considérait la Russie comme un rival.

Le premier ministre Trudeau devait rencontrer plus tard les dirigeants de l’Union européenne, Charles Michel et Ursula von der Leyen. Il sera notamment question de la pandémie de COVID-19, des changements climatiques et de l’accord commercial entre le Canada et l’Europe.

Le premier ministre Trudeau a ensuite rencontré les dirigeants européens Charles Michel et Ursula von der Leyen. Il est prévu qu’ils discutent de la pandémie de COVID-19, du changement climatique et de l’accord commercial entre le Canada et l’Union européenne.

Le bureau de Justin Trudeau a indiqué qu’il plaide auprès de l’Union européenne pour que le Canada puisse être un fournisseur potentiel de minéraux essentiels, qui peuvent être utilisés pour alimenter les batteries de voitures électriques.