Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, a été arrêté vendredi par des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au Manitoba, alors qu’il participait à une tournée d’évènements contre les mesures sanitaires, faisant lui-même fi des règles en place dans la province.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

De nombreux médias locaux ont en effet partagé sur les réseaux sociaux une photo montrant l’homme de 58 ans embarqué par des patrouilleurs dans une voiture de police, en marge d’un rassemblement dans la municipalité de Saint-Pierre-Jolys.

L’ancien député de Beauce avait entamé quelques heures plus tôt sa tournée « Mad Max du Manitoba », en participant à des rassemblements contre le confinement et les règles sanitaires. Dès le départ, l’idée avait été très mal reçue par de nombreux élus, dont des élus municipaux des villes où la tournée devait s’arrêter.

Or, au Manitoba, les règles sanitaires actuelles interdisent formellement la tenue de grands rassemblements et, surtout, exigent une quarantaine de 14 jours à l’entrée dans la province, ce que le principal intéressé a lui-même admis n’avoir pas respecté.

Plus tôt dans la journée, M. Bernier avait publié sur sa page Twitter une vidéo d’un policier lui donnant une contravention de 1296 $ pour non-respect des règles de santé publique, ce qui n’est pas une première dans son cas. « Je dois juste vous prévenir, monsieur. Je comprends que vous avez d’autres engagements aujourd’hui. Je veux juste vous dire que si vous continuez avec ces engagements, vous pourriez recevoir un autre constat ou être possiblement arrêté », lui dit alors l’agent.

L’équipe de Maxime Bernier a plaidé sur sa page Twitter que ce dernier avait été « injustement arrêté pour avoir participé à des rassemblements », en publiant une vidéo de son arrestation.

« Il a été arrêté pour s’être opposé aux mesures de confinement injustifiées, non scientifiques et désastreuses imposées aux Canadiens depuis plus de 15 mois », a aussi affirmé l’équipe du PPC par courriel. Le message évoque que l’arrestation de Maxime Bernier représente de « l’oppression politique ».

« M. Bernier était au courant »

Dans un courriel envoyé à La Presse, une porte-parole de la Gendarmerie royale a indiqué qu’il « est du devoir de la GRC de faire appliquer les lois du Manitoba ». « M. Bernier était au courant des ordonnances sanitaires et avait déjà reçu une contravention. La poursuite de l’infraction de violation des ordonnances de santé publique en vigueur au Manitoba a entraîné son arrestation », a indiqué Tara Seel.

Celle-ci précise que le chef de parti « est accusé en vertu de la Loi sur la santé publique d’avoir contrevenu à une disposition de la loi pour avoir participé à un rassemblement dans un lieu public extérieur et pour ne pas s’être isolé conformément à l’ordonnance à son arrivée au Manitoba ».

« En vertu de la Loi sur les infractions provinciales du Manitoba, il a été arrêté pour empêcher la poursuite d’une infraction. Il sera traduit devant un magistrat », insiste aussi le corps policier, qui dit « s’engager à protéger la sécurité de tous les Manitobains ».

Jeudi, le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, avait décoché une flèche directe à Maxime Bernier, en affirmant en conférence de presse que s’il ne se pliait pas aux règles sanitaires, « son portefeuille [serait] plus léger », en faisant référence aux amendes qu’il recevrait alors.

Avec Coralie Laplante, La Presse