(Ottawa) Les partis de l’opposition soutiennent qu’ils ne veulent pas d’élections tant que la pandémie ne sera pas terminée. Le premier ministre Justin Trudeau affirme qu’il n’a pas la tête aux élections au moment où l’économie commence à peine à retrouver son élan d’avant la crise.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

Mais cela n’a pas empêché jeudi les députés de la Chambre des communes d’adopter à l’unanimité une motion permettant la tenue d’un débat exploratoire, le mardi 15 juin, afin de donner l’occasion aux élus qui ne comptent pas briguer les suffrages aux prochaines élections de prononcer un « discours d’adieu ».

Il sera intéressant de voir ceux qui prendront la parole durant ce débat. Certains élus n’ont pas encore fait connaître publiquement leurs intentions en prévision du prochain scrutin.

En principe, la session parlementaire doit prendre fin la semaine du 21 juin. Cette motion est le dernier indice à apparaître sur le radar politique qui démontre que tous les partis politiques se préparent activement en fonction d’un scrutin automnal.

La durée de vie d’un gouvernement minoritaire est en moyenne 18 mois. Les dernières élections fédérales ont eu lieu en octobre 2019. Bien que le premier ministre Justin Trudeau n’ait pas arrêté une décision finale, les stratèges libéraux affirment en coulisses qu’un scrutin en septembre ou au début octobre demeure le scénario privilégié par les troupes libérales.

Le Parti libéral du Canada détient une avance d’environ cinq points de pourcentage sur le Parti conservateur, son principal adversaire, dans les intentions de vote, selon une moyenne des sondages du site 338.

Le député conservateur Peter Kent, qui ne briguera pas les suffrages au prochain scrutin, a indiqué sur Twitter qu’il compte faire son discours d’adieu cet automne, quand il sera plus sécuritaire de plonger le pays en élections selon lui.

« Il serait irresponsable de la part des libéraux de déclencher une élection pendant une pandémie. Le député de Thornhill a l’intention de faire ses adieux à la séance d’automne alors qu’une élection pourrait se dérouler en toute sécurité », a-t-il écrit en français.

Pour sa part, le chef-adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, a accusé le Parti libéral de préparer le terrain pour un scrutin à l’automne.

« Le Parti libéral est une machine à cynisme et à hypocrisie. Pourquoi demander aux députés de faire leurs adieux s’il n’est pas question d’aller en élections ? La réponse : le premier ministre Trudeau prend les citoyens pour des valises. Il va continuer de mentir à la population jusqu’à la dernière journée où il va finalement décider de dissoudre le Parlement en sortant la fausse excuse comme quoi le Parlement ne fonctionne pas », a-t-il martelé.