(Ottawa) Sans être au courant de la nature précise des allégations qui planaient sur le major-général Dany Fortin, Justin Trudeau avait été informé il y a plusieurs semaines qu’il faisait l’objet d’une investigation militaire.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

En conférence de presse à Ottawa, mardi, il a fait valoir que son bureau n’avait pas été informé des détails des allégations à l’origine de cette enquête militaire, et que c’était la chose souhaitable pour respecter les processus en place.

« Dans cette situation, les autorités responsables et le leadership militaire [ont déclenché un processus]. Quand ils font ça, ils jugent des fois que c’est approprié d’informer mon bureau, et j’ai été informé il y a plusieurs semaines », a-t-il expliqué.

« Mais évidemment, parce que c’est un processus qui se déroule de façon indépendante, je n’ai pas reçu beaucoup de détails, ce qui est tout à fait approprié, et […] je ne peux pas commenter là-dessus », a ajouté le premier ministre Trudeau.

Vendredi soir, le gouvernement fédéral a annoncé le départ soudain, et sur-le-champ, du major-général Dany Fortin, le chef d’orchestre de l’opération nationale de vaccination, dans un communiqué laconique de trois phrases.

Le principal intéressé a vigoureusement nié une « allégation » dont il fait l’objet, et il a été pris de court en l’apprenant dimanche soir d’une journaliste du réseau CTV News qu’il en faisait l’objet, a soutenu lundi son avocat.

Le média anglophone a fait état d’une allégation remontant à 1989. L’élève-officier Fortin se serait « exhibé » devant une femme au Collège royal militaire de Saint-Jean. On y ajoute que l’allégation aurait été formulée il y a deux mois.

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le major-général Dany Fortin

« Il m’a dit que c’était impossible. Impossible », a relaté Me Létourneau en entrevue avec La Presse, lundi soir. Le major-général Fortin était au courant depuis « un petit bout » qu’il faisait l’objet d’une enquête militaire, mais il en ignorait la nature, a-t-il indiqué.

Rapidement, le gouvernement l’a remplacé, confiant les rênes de la mission à la brigadière générale Krista Brodie.

Et alors que le Canada reçoit cette semaine un nombre record de doses de vaccins Pfizer et Moderna, soit 4,5 millions, et qu’il se prépare à des arrivages de 9 millions de doses de Pfizer en juillet, le premier ministre a voulu se montrer rassurant.

Des livraisons de plus de 9 millions de doses du vaccin de Pfizer sont attendues en juillet.

Il a soutenu que l’opération était entre bonnes mains.

« La brigadière générale Brodie avait déjà joué un rôle clé dans le déploiement du vaccin avec l’Agence de la santé publique. En compagnie de l’équipe qui est là depuis le jour un, elle est prête à distribuer des millions de doses aux Canadiens au cours des prochaines semaines », a-t-il plaidé.

Oui à Pfizer pour les jeunes de 12 à 18 ans

Dans un avis publié discrètement, mardi, le Comité consultatif national sur l’immunisation (CCNI) a fourni une recommandation favorable à l’utilisation du vaccin de Pfizer chez les jeunes de 12 à 18 ans. Le Comité avait auparavant émis des conseils sur son utilisation chez les adolescents de 16 à 18 ans, en décembre 2020.

« Le CCNI recommande qu’une série complète du vaccin contre la COVID-19 de Pfizer-BioNTech soit proposée aux personnes de 12 à 18 ans qui peuvent recevoir le vaccin », car celui-ci est « sûr et efficace chez les adolescents », est-il indiqué dans cet avis daté du 18 mai.

« La disponibilité de ce vaccin chez les adolescents leur permettra de reprendre les activités qui sont si essentielles à leur santé et à leur mieux-être, y compris recommencer la scolarité en personne, participer à des évènements avec les amis et la famille et s’adonner à des activités parascolaires, conformément aux mesures de santé publique locales », a déclaré la présidente du CCNI, la Dre Caroline Quach, par voie de communiqué.

Les données probantes de l’essai clinique « ont montré un taux d’efficacité de 100 % chez les adolescents de 12 à 15 ans contre la COVID-19 confirmée », selon la revue scientifique réalisée par le CCNI, un comité d’experts indépendant du gouvernement.