(Québec) François Legault estime que le prix d’un appartement à louer à Montréal commence à « 500, 600 $ par mois », mais qu’il « peut rapidement monter à 1000 $ ». Le premier ministre reconnaît qu’il manque de logements abordables dans la métropole, mais estime qu’il est possible de « faire avec les moyens du bord » le temps que de nouveaux logements se construisent.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Dans un échange musclé mercredi à l’étude des crédits du ministère du Conseil exécutif, la cheffe de Québec solidaire, Manon Massé, a talonné M. Legault sur la « crise du logement » qui frappe particulièrement Montréal. La Presse rapportait le week-end dernier que les appartements à louer à Montréal au prix moyen d’un logement de deux chambres, à 907 $ par mois, étaient dans plusieurs cas en très mauvais état.

Mme Massé a accusé M. Legault de ne « rien connaître au niveau du logement ». « Il ne sait pas c’est quoi, prendre 50, 60, 70 % de son revenu [pour payer son loyer], pas parce qu’on est à l’aide sociale, mais qu’on travaille à temps plein. On est dans la classe moyenne et on n’arrive pas à payer les logements », a-t-elle affirmé.

Quand la cheffe de Québec solidaire me dit que je ne connais pas ça, que je suis déconnecté, je vais lui rappeler que j’ai deux fils de 26 et 27 ans, qui ont plein d’amis qui sont dans des logements. Moi, ils sont chez moi, justement parce qu’entre autres, ça coûte cher, le logement, mais je rassure la cheffe de Québec solidaire, je ne suis pas déconnecté, et oui, il y a des loyers à 600, à 1000 $, surtout quand on est deux pour partager un loyer.

François Legault, premier ministre du Québec

La cheffe solidaire a demandé à François Legault comment les étudiants, qui reviendront sur les campus à l’automne, pourront payer des appartements avec les prix du marché locatif qui augmentent rapidement. François Legault a répondu que son gouvernement avait investi les fonds nécessaires pour accélérer la construction de 15 000 nouveaux logements abordables dans la province, en bonifiant entre autres de 260 millions le programme AccèsLogis Québec de la Société d’habitation du Québec (SHQ).

« Le premier ministre ne connaît rien au niveau du logement. Ce dont il est en train de parler, c’est du logement social. Et le logement social, c’est pour les plus pauvres de notre société », a répliqué Manon Massé.

« On a le régime de prêts et bourses qui est le plus généreux en Amérique du Nord, mais évidemment, Québec solidaire […] dit que l’argent pousse dans les arbres [et] qu’il faudrait augmenter les montants donnés de prêts et bourses au Québec. Encore une fois, Québec solidaire qui dépense, qui dépense, qui dépense, et comment ils vont payer ça ? Taxes, taxes, taxes », a répondu M. Legault.

La disposition de dérogation pour la langue

Au cours de l’étude des crédits, le premier ministre a également été questionné sur son projet de réforme de la Charte de la langue française, un projet de loi « costaud » que promet de déposer le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, d’ici la fin de la session, en juin.

Dans un échange corsé avec la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, François Legault a affirmé sans détour que « selon [le gouvernement], on doit utiliser la clause dérogatoire pour protéger le français » au Québec.

Cette déclaration clarifie les propos du premier ministre, qui affirmait la semaine dernière qu’il y avait « de bonnes chances » que Québec utilise cette disposition prévue par la Constitution. Dans son échange avec la cheffe libérale, le premier ministre a laissé entendre qu’il pourrait notamment utiliser la disposition de dérogation en matière d’affichage.