(Ottawa) C’est confirmé : le Bloc québécois votera contre le budget du gouvernement Trudeau.

Catherine Lévesque
La Presse Canadienne

Le Bloc espérait faire passer un sous-amendement afin d’obliger le gouvernement à hausser les transferts en santé de 28 milliards cette année, tel que demandé de façon unanime par les provinces, et à hausser les prestations de la Sécurité de vieillesse aux 65 ans et plus, et non aux 75 ans et plus tel que prévu.

Le gouvernement Trudeau avait informé les partis d’opposition, la veille, qu’il y aurait trois votes de confiance sur le budget. Le premier, source sous-amendement proposé par le Bloc ; le deuxième, sur un amendement présenté par le Parti conservateur, et le troisième, sur l’adoption du budget lui-même.

Les libéraux estiment que les modifications proposées par les partis d’opposition auraient eu pour effet de retirer leur confiance à l’endroit du gouvernement, le faisant ainsi tomber et plongeant le pays en élections anticipées en pleine troisième vague de COVID-19.

Le premier de ces votes avait lieu mercredi, en fin de journée. Libéraux, conservateurs et la majorité des néo-démocrates ont voté contre.

La réaction du chef bloquiste Yves-François Blanchet n’a pas tardé. Il a blâmé le gouvernement, qui a refusé d’accéder aux demandes du Bloc québécois à son avis.

« Le Bloc québécois avait posé deux conditions sans équivoque pour appuyer le budget. […] Les libéraux savaient quoi faire pour obtenir notre soutien. Par deux fois, ils ont décliné. Justin Trudeau a donc perdu l’appui du Bloc québécois à son budget », a fait valoir M. Blanchet par voie de communiqué.

Les autres partis d’opposition étaient d’accord avec les idées avancées par le Bloc, mais n’ont pas voulu s’y commettre avec un vote qui aurait pu faire tomber le gouvernement.

Chez les conservateurs, on a prétendu un détail technique pour s’y opposer.

Bien que le chef conservateur Erin O’Toole ait martelé l’importance de hausser les transferts en santé – allant même jusqu’à reprendre l’expression du premier ministre François Legault qui accusait la veille son homologue fédéral de jouer au « papa » avec les provinces – ses troupes ont voté contre.

À l’interne, on explique que les bloquistes ont mal formulé leur sous-amendement, qui serait venu écraser l’amendement amené par les conservateurs.

Les néo-démocrates ont décidé de voter contre – à l’exception d’Alexandre Boulerice, Scott Duvall, Matthew Green et Peter Julian – parce qu’ils craignent de déclencher des élections.

« On appuie le principe du sous-amendement, donc on va avoir quelques-uns de nos députés qui vont l’appuyer pour montrer que, oui, on est d’accord avec l’idée, mais on n’est pas d’accord avec l’idée de déclencher une élection », disait le chef Jagmeet Singh, plus tôt en journée.

Division aussi chez les verts, alors que seule la députée Jenica Atwin a voté en faveur du sous-amendement du Bloc.

Un autre vote sur un amendement du Parti conservateur aura lieu jeudi en fin de journée.

La modification proposée par l’opposition officielle vise à revoir complètement le budget afin d’accélérer la campagne de vaccination et de présenter des politiques budgétaires qui stimuleront la croissance économique.

Si ces votes sur les amendements de l’opposition sont défaits, la Chambre des communes devra ensuite se prononcer sur le budget en tant que tel. Ce vote de confiance aura lieu lundi.