(Ottawa ) Le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, détaillera jeudi le plan qu’il entend proposer aux Canadiens pour combattre les changements climatiques et réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) s’il prend le pouvoir aux prochaines élections fédérales.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

Ce plan comportera plusieurs volets et comprendra notamment un « prix sur le carbone » qui ciblera les grands émetteurs, selon des informations obtenues par La Presse.

Mais ce prix n’inclura pas la taxe sur le carbone adoptée par le gouvernement Trudeau il y a trois ans. M. O’Toole compte toujours abolir cette taxe s’il devient premier ministre.

M. O’Toole présentera son plan moins d’un mois après que les militants de son parti ont rejeté une motion qui visait à reconnaître, entre autres choses, que les changements climatiques sont réels.

Le rejet de cette motion est survenu durant le congrès national virtuel du Parti conservateur et seulement quelques heures après que M. O’Toole eut déclaré que son parti devait moderniser ses politiques, notamment en matière de protection de l’environnement, s’il voulait convaincre un plus grand nombre d’électeurs de l’appuyer aux prochaines élections.

En plus d’établir un « prix sur le carbone », le plan que présentera M. O’Toole fixera une date cible pour atteindre une « réduction spécifique » des émissions de GES.

« Contrairement à la politique environnementale de Justin Trudeau, le plan que nous allons annoncer se concentrera sur les plus grands émetteurs, et n’augmentera pas les impôts des familles canadiennes. En abrogeant la taxe sur le carbone de Trudeau, nous améliorerons la sécurité financière personnelle des Canadiens, en particulier de ceux qui ont un faible revenu ou qui vivent dans la pauvreté », a indiqué à La Presse une source conservatrice qui a requis l’anonymat.

Cap sur le prochain scrutin

M. O’Toole a essuyé de nombreuses attaques des libéraux de Justin Trudeau et des néo-démocrates de Jagmeet Singh à la suite du rejet de la motion sur les changements climatiques par une mince majorité des membres qui ont participé au congrès conservateur.

Depuis la tenue de son congrès, le Parti conservateur a d’ailleurs perdu quelques points dans les sondages, augmentant de ce fait les chances du Parti libéral d’obtenir une majorité des sièges à la Chambre des communes au prochain scrutin.

Mais dans une entrevue qu’il a accordée à La Presse Canadienne, au lendemain du congrès, M. O’Toole a été catégorique en affirmant que les changements climatiques sont réels et qu’il compte proposer un plan « sérieux » et « crédible » avant les prochaines élections.

Il a déclaré que le débat au sujet de l’existence des changements climatiques est « clos », et ce, bien que 54 % des délégués conservateurs aient rejeté la motion en question.

« Je suis le chef. C’est moi qui suis aux commandes. Et les changements climatiques sont un enjeu important pour moi comme député, mais aussi comme père de famille. […] On va avoir une politique claire et sérieuse sur l’environnement aux prochaines élections, point final. C’est important pour moi », a-t-il insisté.

M. O’Toole ne se fait pas d’illusions : son parti pourra seulement gagner en élargissant sa base. Il cherche donc à attirer les électeurs vivant dans les banlieues urbaines, en particulier de Montréal, de Toronto et de Vancouver. Il cherche à courtiser le vote des femmes, des communautés culturelles et LGBTQ+. Pour ce faire, il faut changer.

« Nous devons moderniser notre mouvement avant les prochaines élections et nous sommes en train de le faire », a ajouté M. O’Toole dans son entrevue avec La Presse Canadienne.