(Québec et Ottawa) Après quelques semaines de négociations, les gouvernements fédéral et provincial confirmeront jeudi avoir conclu une entente sur un montage financier qui permettra de mener à bien le projet de construction de la station du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, un projet évalué à 600 millions de dollars.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Tel que le rapportait La Presse en février, le montage financier verra la Banque de l’infrastructure du Canada avancer 400 million, tandis que le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec mettront chacun environ 100 millions sur la table.

« Il y a une détente évidente entre les deux gouvernements », s’est réjouie une source fédérale proche du dossier en évoquant cette nouvelle annonce d’Ottawa et de Québec depuis environ un mois.

L’incertitude qui planait sur le financement de la construction de cette portion du REM depuis des mois prendra donc finalement fin cette semaine.

Au départ, les coûts de construction de cette station devaient être assumés par Aéroports de Montréal (ADM), mais l’organisme a vu ses revenus chuter de manière brutale à cause de l’effondrement du trafic aérien depuis le début de la pandémie.

L’an dernier, ADM a plaidé auprès d’Ottawa et de Québec afin d’obtenir un prêt remboursable pour mener à bien les travaux. Le gouvernement Legault s’était dit prêt à participer au montage financier, mais il a mis fin aux pourparlers de manière inopinée l’automne dernier en soutenant que l’aéroport est une infrastructure fédérale et qu’il incombe à Ottawa de payer la facture.

Au début de l’année, ADM a fait savoir qu’il pourrait devoir mettre sur la glace indéfiniment cette portion du projet, faute d’entente entre les deux ordres de gouvernement, provoquant de vives inquiétudes à la mairie de Montréal, chez les gens d’affaires et les élus fédéraux, qui jugent ce projet crucial.

Rappelons que le REM doit relier le centre-ville de la métropole à l’aéroport, permettant à Montréal d’avoir un réseau de transport collectif intermodal digne d’une grande ville nord-américaine, au même titre que Toronto ou Vancouver, entre autres.

À Québec, on confirme la tenue d’une conférence de presse cette semaine pour dévoiler l’entente concernant la station de l’aéroport du REM.

Ce n’est pas la seule annonce Ottawa-Québec qui se profile à l’horizon, selon nos informations. Une aide fédérale pour le secteur de l’aéronautique se concrétiserait à court terme, au grand bénéfice de la région de Montréal. Le gouvernement Legault contribuerait lui aussi financièrement à la relance de ce secteur qui traverse une période de fortes turbulences à cause de la pandémie.

Au gouvernement Legault, on constate un empressement de la part d’Ottawa à vouloir procéder à des annonces sur le sol québécois, un enthousiasme auquel l’approche d’élections fédérales n’est certainement pas étrangère.

Après plus d’un an sans se présenter sur la même tribune, les premiers ministres Legault et Trudeau ont procédé à deux annonces ensemble le mois dernier : l’une concernant le projet d’usine de batteries du constructeur québécois d’autobus et de camions urbains électriques Lion, l’autre sur l’internet haute vitesse.

Pour l’heure, il n’est pas prévu qu’ils participent à l’annonce sur la station du REM à l’aéroport. Mais on constate bien qu’au-delà de leurs différends idéologiques, les deux hommes ont des intérêts convergents dans des dossiers de nature économique.