(Ottawa) Le Parti conservateur dispose d’un trésor de guerre bien garni pour se lancer en campagne électorale dès le printemps si le premier ministre Justin Trudeau force la tenue d’un scrutin anticipé malgré la pandémie.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Le parti a réussi à rembourser la totalité de sa dette électorale en juillet dernier, soit moins de huit mois après les élections d’octobre 2019. Et depuis, il engrange les dons de ses partisans à un rythme sans précédent, a indiqué jeudi le président du Fonds conservateur, Scott Gibson, au premier jour du congrès national du parti.

« Nous sommes prêts et avons l’argent pour financer une campagne nationale si les libéraux décident de déclencher des élections », a souligné M. Gibson. Au dernier trimestre de 2020, le Parti conservateur a obtenu 7,7 millions de dollars – un record, a dit M. Gibson.

Malgré la pandémie et la crise économique qui perdure, le Parti conservateur a récolté 20,7 millions de dollars en 2020, surclassant le Parti libéral, qui a recueilli 15,1 millions de dollars, et le NPD, qui a engrangé 6,1 millions de dollars en dons.

La santé financière du parti est un signe que les Canadiens croient que les troupes d’Erin O’Toole représentent une véritable option de rechange aux libéraux de Justin Trudeau, a fait valoir le président du Parti conservateur, Scott Lamb. À condition que le parti demeure uni, a-t-il mis en garde.

« Nous devons démontrer que nous sommes unis et que nous sommes concentrés sur les préoccupations de tous les Canadiens à travers le pays », a affirmé M. Lamb.

Un « test important » pour O’Toole

Ce congrès national de trois jours est le premier à avoir lieu depuis la victoire d’Erin O’Toole durant la course au leadership en août dernier. En tout, quelque 5500 membres du parti participent à ce congrès de manière virtuel.

De l’avis de nombreux observateurs, ce congrès constitue un test important pour le chef conservateur. M. O’Toole doit prononcer un important discours ce vendredi soir au cours duquel il énoncera ses priorités en prévision de la prochaine campagne électorale. Il doit aussi se prêter à une séance de questions-réponses samedi, dernier jour du congrès.

Les membres du parti ont débattu d’une série de propositions jeudi afin de modifier la constitution du parti. Vendredi, ils consacreront six heures à débattre des politiques que devrait adopter le parti sur des sujets aussi divers que l’économie, la santé, les relations canado-américaines et le rôle de l’État dans l’économie.

Toutes les propositions visant à relancer les débats portant sur des enjeux sociaux tels que l’avortement ont été écartées avant même le début des délibérations, au grand plaisir du chef conservateur.

« Je suis pro-choix et je suis fier de nos membres parce qu’il y a 34 politiques pour le congrès et beaucoup de politiques sur la fiscalité, l’économie, les emplois, la santé, la criminalité. Mais zéro sur l’avortement ou d’autres enjeux sociaux controversés. Et c’est nécessaire parce que l’on doit moderniser notre mouvement pour attirer plus de Québécois et de Québécoises aux prochaines élections », a déclaré M. O’Toole dans une entrevue avec La Presse mercredi.