(Québec) Les libéraux de Dominique Anglade larguent le projet de GNL Québec à Saguenay.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

En point de presse, jeudi, la cheffe libérale a justifié cette volte-face en cinq points, affirmant d’abord que « les conditions pour assurer le succès de ce projet ne sont pas réunies ».

Lors de la dernière campagne électorale, qui a mené à la défaite de Philippe Couillard, les libéraux avaient pourtant vanté les mérites de ce vaste chantier de 10 milliards sur les bords de la rivière Saguenay.

« Au Parti libéral, on sait que beaucoup de personnes se sont investies et ont appuyé ce projet d'avoir l’espoir légitime de créer un grand projet porteur pour la vitalité économique de la région », a défendu Mme Anglade, jeudi.

Mais pour l’avenir, le gouvernement du Québec doit selon elle constater que la transition énergétique s’accélère et qu’il faut prioriser le virage vers des énergies propres. GNL Québec, a ajouté Mme Anglade, a un montage financier incertain qui rendrait un investissement public « inconsidéré ».

« L’argument du "boom" sur le gaz naturel ne tient plus », a-t-elle dit.

Rapport du BAPE

Alors que le gouvernement Legault a entre les mains un rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet, qui sera publié d’ici au 25 mars, Dominique Anglade presse le premier ministre d’annoncer à son tour qu’il abandonne GNL Québec.

« La cheffe de l’opposition officielle […] prend son élan pour défoncer une porte qui déjà ouverte. Elle risque de se retrouver à terre », a répondu François Legault jeudi lors de la période de questions. Il a indiqué qu’il se prononcerait après la publication du rapport qu’il détient.

« Le Parti libéral a déjà été le parti de l’économie. Alors qu’on voit beaucoup de projets de gaz naturel liquéfié dans le monde pour remplacer une production au charbon, et réduire au total les [gaz à effets de serre], on a un parti qui est rendu dogmatique et qui [se prononce] avant même l’analyse du BAPE », a ajouté le premier ministre.

Avec cette nouvelle position du Parti libéral, tous les partis d’opposition sont désormais opposés au projet de GNL Québec. En février, le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, rappelait entre autres que « l’Union des consommateurs a fait connaître son opposition au projet GNL Québec, faisant valoir que la mise en marche de l’usine de liquéfaction de gaz naturel en 2027 provoquera un « choc tarifaire » pour les Québécoises et les Québécois branchés à Hydro-Québec. »

« L’organisme explique que l’usine consommera autour de 5 térawattheures (TWh) annuellement dès sa mise en service, une quantité énorme d’électricité qu’Hydro-Québec n’a pas encore inscrite dans son plan d’approvisionnement », rappelait le député.

En point de presse, jeudi, la députée de Québec solidaire Ruba Ghazal a rappelé qu’elle a « demandé la semaine passée à la Vérificatrice générale du Québec d’estimer le manque à gagner et le coût de la facture d’hydroélectricité des Québécois de ce projet-là. »

-Avec La Presse Canadienne