(Québec et Montréal) Le gouvernement Legault est « préoccupé par les actes de violence des derniers jours » à Montréal, alors qu’une adolescente de 15 ans a été tuée dans une fusillade survenue dans l’arrondissement de Saint-Léonard, dimanche.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

La ministre responsable de la région de Montréal et ancienne mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, a affirmé lundi qu’elle travaillait sur des actions politiques afin de transformer « en profondeur la réalité de certains quartiers » de la métropole.

« J’ai à cet effet créé, en octobre 2020, un comité d’élus de tous les paliers gouvernementaux. Depuis le lancement de ce comité, le gouvernement du Québec a investi près de 8 millions à Montréal-Nord pour aider les familles plus vulnérables et outiller le milieu afin d’éviter que les plus jeunes soient tentés par le chemin de la criminalité », a-t-elle affirmé dans une déclaration transmise à La Presse.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a pour sa part soutenu que « l’évènement qui s’est produit hier soir à Montréal est d’une grande tristesse, [alors qu’] apprendre qu’une jeune de 15 ans est décédée est bouleversant ».

« Notre gouvernement demeure conscient de la hausse d’évènements violents à Montréal ces dernières semaines. Nous avons déjà consenti des sommes importantes en matière de sécurité publique, notamment par rapport à la violence liée aux armes à feu, et nous sommes en contact avec divers intervenants du milieu », a-t-elle dit.

Une plus grande présence policière

« C’est terrible ! Mes pensées vont à sa famille et à ses proches », a réagi la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en marge d’une conférence de presse, lundi.

Mme Plante s’était déjà rendue dans Montréal-Nord et dans Rivière-des-Prairies la semaine dernière, à la suite de trois fusillades dans ces secteurs, pour rencontrer des organismes communautaires et des policiers sur le terrain.

Selon elle, il faut augmenter la présence policière, mais aussi celle des groupes communautaires, qui connaissent bien la population dans leur secteur.

« Malheureusement, il continue d’y avoir des tragédies comme celle qui s’est produite hier, a-t-elle ajouté. Une des problématiques en ce moment, c’est qu’il y a des armes illégales qui se promènent et qui se retrouvent souvent entre les mains de jeunes. »

« Les services de police sont débordés »

À Québec, le député libéral Jean Rousselle, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, déplore pour sa part que « les services de police sont débordés », alors que « la situation actuelle dans le contexte que nous connaissons amplifie les situations toxiques et les chicanes qui en découlent. »

« La ministre de la Sécurité publique doit donner les moyens des ambitions de son gouvernement quant au respect des mesures sanitaires aux corps policiers. Les plaintes sur les rassemblements, sur le respect du couvre-feu, etc. surchargent les services de police et font en sorte que les temps de patrouille, notamment, sont réduits », a-t-il dit.

« Les gens souffrent actuellement, la détresse psychologique est malheureusement trop présente et la mise en place d’un programme public universel de soins de psychothérapie serait déjà une réponse du gouvernement pour aider la population », a ajouté M. Rousselle.

Le député de Québec solidaire dans la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, a réitéré pour sa part que le gouvernement fédéral devrait interdire les armes de poing à l’échelle du pays.

« Justin Trudeau a essayé de pelleter ça dans la cour des municipalités. C’est une mauvaise chose. Le Canada est un immense pays avec [une libre circulation] entre les provinces. Si on peut se procurer une arme de poing en Ontario, ça va circuler. Il faut une législation au niveau pancanadien », a-t-il dit.

Le député solidaire a aussi souligné que la violence peut émerger dans des quartiers où la pauvreté est grande. « Il faut une réponse sécurité publique [à ce genre de drame], mais il faut aussi une réponse sociale. Il ne faut pas oublier cet angle », a dit M. Leduc.

Le porte-parole du Parti québécois en matière de sécurité publique, Martin Ouellet, a de son côté affirmé que le « ministère de la Sécurité publique doit analyser attentivement le ou les dénominateurs communs de ces crimes » et qu’il « faut s’assurer que les corps de police ont toutes les ressources pour prévenir les crimes par armes à feu ».