(Ottawa) Le mari de Meng Wanzhou et deux des enfants de cette dernière ont reçu l’autorisation d’Ottawa de venir de Chine pour visiter la directrice financière de Huawei à son domicile de Vancouver, où elle est assignée pendant les audiences sur son extradition.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Les représentants d’IRCC [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada] ont autorisé la famille de Mme Meng à se rendre au Canada. Cette décision a été prise conformément aux lois canadiennes et aux directives émises pour les voyageurs », a indiqué mercredi dans un courriel Syrine Khoury, porte-parole d’un autre ministère, celui des Affaires étrangères.

C’est le réseau anglophone CTV qui a confirmé le premier cette information ayant fait surface alors que la femme d’affaires de 48 ans est devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique pour réclamer un assouplissement de ses conditions de liberté sous caution, craignant d’attraper la COVID-19 au contact des agents de sécurité qui l’accompagnent dans tous ses déplacements.

En raison de la pandémie, la frontière canadienne a été fermée aux voyageurs étrangers, sauf s’ils visitent des membres de leur famille qui sont des citoyens canadiens ou des résidents permanents – ce qui n’est pas le cas de la numéro deux du géant chinois des télécommunications Huawei. En revanche, un étranger dont un membre de la famille immédiate se trouve temporairement au Canada peut obtenir une exemption.

Cette autorisation spéciale du gouvernement, deux des enfants de Meng Wanzhou ainsi que son mari, Liu Xiazong, ont réussi à l’avoir. Ils ont pu entrer sur le sol canadien à la fin de l’année en vertu d’une exemption accordée par un représentant d’IRCC –, décision dont le titulaire du Ministère, Marco Mendicino, a été informé, selon nos renseignements.

Depuis son arrestation à l’aéroport de Vancouver par les autorités canadiennes, à la demande des États-Unis, le 1er décembre 2018, Mme Meng est assignée à sa résidence cossue de la métropole britanno-colombienne. Elle est notamment accusée par la justice américaine d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran et d’avoir comploté pour frauder des institutions bancaires.

Quelques jours plus tard, soit le 10 décembre 2018, le régime chinois a arrêté et détenu deux ressortissants canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor. Les deux hommes, sous le coup d’accusations d’espionnage, sont derrière les barreaux depuis ; ils ont droit à de brèves visites consulaires une fois par mois, mais ils n’ont pas accès à un avocat et peuvent encore moins recevoir des membres de leurs familles.

Le plus récent accès consulaire de représentants de l’ambassade du Canada à Pékin et de l’ambassadeur du Canada en Chine, Dominic Barton, remonte à la mi-décembre. Les visites aux hommes ont été interrompues plusieurs mois en raison des risques associés à la propagation du nouveau coronavirus, et depuis, elles ont lieu seulement de façon virtuelle.

« La détention arbitraire de Michael Kovrig et de Michael Spavor est inacceptable. Nous continuons de demander leur libération immédiate », a déclaré la porte-parole Syrine Khoury, ajoutant qu’« au cours des derniers mois, le Canada a établi un accord visant à accroître les services consulaires pour Michael Kovrig et Michael Spavor, ainsi que l’accès à leur famille ». La nature de l’accord évoqué n’a pas été précisée.

— Avec l’Agence France-Presse