(Ottawa) Sans critiquer directement le premier ministre du Québec, le secrétaire parlementaire du ministre fédéral de la Sécurité publique appelle toute la classe politique à plus de retenue quand il s’agit de commenter la crise des voies ferrées.

Lina Dib
La Presse canadienne

Mercredi, François Legault a déclaré que les Mohawks de Kahnawake étaient armés de AK47, a-t-il précisé. Les principaux intéressés ont nié la chose. Et commentateurs et leaders autochtones ont reproché à M. Legault de mettre de l’huile sur le feu.

Joël Lightbound, secrétaire parlementaire du ministre fédéral Bill Blair, n’est pas allé jusque-là, jeudi matin.

Tout de même, il en a appelé à plus de retenue.

« Je ne vais pas commenter la déclaration spécifique de M. Legault, mais je pense qu’il faut en appeler à toute la classe politique, quel que soit le palier de gouvernement, de calmer, de tempérer », a-t-il offert, en arrivant à une réunion de comité parlementaire, à Ottawa.

« Je pense qu’il y a des signes qui sont positifs, là. Le trafic ferroviaire a repris sur la ligne qui est vraiment névralgique à Belleville. Il y a une rencontre qui… c’est compliqué, mais qui s’organise avec les chefs wet’suwet’en. Et de ce que j’entends des Mohawks, ils cherchent une solution pacifique à cette crise-là. Donc, je pense que c’est vraiment ce qu’il faut favoriser », a conseillé M. Lightbound.

Une rencontre est prévue ce jeudi, entre des chefs héréditaires wet’suwet’en et des ministres fédéraux et provinciaux, en Colombie-Britannique.

Intercepté à la porte de la même réunion, le député conservateur Pierre Paul-Hus a plutôt dit croire « absolument » M. Legault.

« Je pense que si le premier ministre du Québec prend la peine de le dire, c’est que les informations de la Sûreté du Québec et d’autres agences lui confirment la chose », a-t-il supposé.

Était-il sage de partager pareille information ?

« La population ne sait pas toujours vraiment ce qui se passe. Puis là, est-ce que c’est utile dans la situation actuelle d’informer la population de cet état-là ? Peut-être. Peut-être en partie juste pour que les gens comprennent qu’il y a des risques et que les armes qui sont possédées par les autochtones sont très dangereuses » a répondu M. Paul-Hus.

Le député conservateur n’a pas raté l’occasion de s’en prendre à ceux qui réclament un plus grand contrôle des armes à feu.

« Moi, ce qui me préoccupe, c’est que lorsqu’on parle d’armes à feu, on parle souvent de bannir les armes, d’enlever les armes à feu des citoyens qui ont des armes légales pour les champs de tir. Puis là, on voit que les autochtones, c’est une autre façon de faire. Ils peuvent avoir des armes automatiques comme des AK47 », a déclaré M. Paul-Hus.