(Québec) Le député Harold LeBel, accusé d’agression sexuelle mardi, soutient « qu’il n’a rien à se reprocher ». L’élu de Rimouski, qui siège maintenant comme indépendant à l’Assemblée nationale, entend d’ailleurs continuer d’exercer ses fonctions le temps du processus judiciaire.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

« Dans le contexte des derniers jours, Harold LeBel déclare qu’il continuera d’exercer sa fonction de député de Rimouski et qu’il continuera de défendre les dossiers en cours et à venir pour la circonscription de Rimouski », est-il écrit dans un communiqué transmis jeudi aux médias.

On précise également que c’est MMaxime Roy qui représentera M. LeBel. Ce dernier est bien connu notamment pour avoir représenté l’ex-ministre libérale Nathalie Normandeau.

« Monsieur LeBel entend collaborer avec la justice. Le 11 janvier prochain, il sera présent à l’occasion de sa comparution. En temps opportun, il souhaite démontrer qu’il n’a rien à se reprocher », est-il écrit.

Me Roy estime que, du point de vue juridique, « rien n’empêche » le député d’exercer ses fonctions. M. LeBel ne se prononcera pas sur des enjeux touchant la justice, les services policiers ou ceux « reliés à ce qui lui est reproché », a ajouté Me Roy à La Presse.

Mardi matin, Harold LeBel a été arrêté par la police à son domicile de Rimouski et interrogé par les policiers pendant cinq heures. Il a ensuite été formellement accusé d’agression sexuelle. Son accusatrice travaille au sein du milieu politique à Québec. Son identité est protégée par une ordonnance de non-publication. Les faits reprochés se seraient produits en octobre 2017.

En ce sens, Me Roy a indiqué avoir amorcé jeudi des « discussions » avec l’Assemblée nationale et les services de la sécurité pour « évaluer différents scénarios » quant au retour de M. LeBel au parlement, à la reprise des travaux le 2 février prochain. « On veut éviter des contacts inappropriés et que [M. LeBel et la plaignante] puissent continuer à faire leur travail », a souligné Me Roy.

Au bureau de Rimouski, l’équipe d’attachés politiques continuera de traiter les différents dossiers, souligne-t-on. « L’objectif est de continuer de desservir les citoyens de la circonscription », a précisé son attaché politique, Samuel Ouellet. M. LeBel se rendra disponible si des groupes demandent à le rencontrer, a-t-il aussi précisé. « Le travail va continuer normalement pour l’instant », a-t-il ajouté à La Presse.

Il faut préciser que le bureau de M. LeBel sera fermé pour la période des Fêtes, du 18 décembre au 11 janvier prochain, jour où il doit comparaître au palais de justice de Rimouski.

Onde de choc à l’Assemblée nationale

Mardi, la nouvelle a provoqué une onde de choc à l’Assemblée nationale. Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a exclu M. LeBel du caucus du Parti québécois d’ici la conclusion du processus judiciaire.

Militant du Parti québécois de longue date, employé politique des cabinets péquistes pendant 20 ans, Harold LeBel, 58 ans, est devenu député de Rimouski sous la bannière péquiste en 2014, après quelques tentatives infructueuses de se faire élire dans le Bas-Saint-Laurent. Il a été réélu facilement en 2018.

Il venait d’être sacré « meilleur représentant de sa circonscription » et député avec « le plus bel esprit sportif » dans le cadre d’un sondage de La Presse réalisé auprès des parlementaires à l’occasion de la fin de la session à l’Assemblée nationale.