(Québec) Les partisans de la laïcité à Québec solidaire (QS) ripostent : ils demandent à être entendus après la dissolution de leur collectif pour des « comportements malheureux ».

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Un rapport interne du parti obtenu par La Presse Canadienne fait état d’« actions répréhensibles » : des représentants du collectif ont notamment établi un « parallèle explicite entre le nazisme et le port du foulard », peut-on lire.

Les membres ont voté à huis clos en faveur de la dissolution de ce groupe au cours du plus récent conseil national du parti, après un bref débat.

Des membres du collectif songent à claquer la porte de la formation parce qu’ils « n’ont pas été traités de façon juste et équitable », ce qui irait à « l’encontre des valeurs du parti », a affirmé la porte-parole du collectif laïcité, Lise Boivin, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Le rapport interne de deux pages soutient que lors d’une rencontre, un membre du collectif s’est décrit « explicitement et fièrement comme islamophobe ». Une responsable du collectif aurait aussi tenu des « propos irrespectueux » envers des formatrices dans un cours sur l’antiracisme.

En outre, un texte du collectif affirmait « qu’une personne qui porte un symbole religieux est forcément fondamentaliste et n’a pas sa place à Québec solidaire », lit-on.

Lise Boivin affirme qu’il s’agit d’un procès d’intention et qu’on reproche faussement au collectif d’être islamophobe.

Au printemps 2019, QS a fait volte-face sur la laïcité. Le parti qui était alors pour l’interdiction des signes religieux pour les agents représentant l’autorité de l’État est devenu ensuite contre.

Au cours de ce débat, le collectif a transmis une communication avec « un passage jugé litigieux qui aurait blessé certaines personnes », a présumé Mme Boivin.

Également un membre du collectif a dit dans un atelier qu’il était contre toutes les religions, donc « islamophobe, sikhophobe, catholicophobe [sic], parce qu’elles ne traitent jamais sur un pied d’égalité les hommes et les femmes et elles sont toutes discriminatoires envers l’homosexualité », a relaté Mme Boivin.

Mme Boivin a expliqué que son groupe était contre le port de tout signe religieux, croix, voile ou kippa, par les agents de l’État.

Elle a dit que la direction du parti avait toujours refusé de rencontrer les représentants du collectif pour entendre leur point de vue.

« Est-ce que c’est à partir des réseaux sociaux qu’on a demandé la dissolution ? Les réseaux sociaux, ça comprend plein d’inexactitudes. »

Mme Boivin demande un arbitrage par un tiers en vue de reconstituer le collectif.