(Ottawa) Voyant dans la tenue du G20 en Arabie saoudite une nouvelle occasion d’attirer l’attention sur le sort de Raïf Badawi, le Bloc québécois lance un nouvel appel à la clémence dans un langage si diplomatique qu’il fait sourciller.

Lina Dib
La Presse Canadienne

« Je pense que les autorités saoudiennes peuvent être certaines que la peine aura été exemplaire et que M. Badawi en tirera des leçons », a déclaré le député bloquiste Stéphane Bergeron jeudi matin pour amorcer une conférence de presse qu’il avait convoquée.

Raïf Badawi, citoyen saoudien dont la femme Ensaf Haidar et les trois enfants sont installés au Québec, est en prison depuis juin 2012. Il a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet - il en a reçu 50 - pour ses écrits en tant que blogueur. Les autorités saoudiennes lui ont reproché d’insulter l’islam.

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

Stéphane Bergeron

Le député Bergeron a fait valoir que M. Badawi a déjà purgé 80 % de sa peine et que ce serait « un geste humanitaire » que de le libérer et de lui permettre de rejoindre sa famille au Québec.

M. Bergeron a tenté d’expliquer son choix de mots pour demander la clémence aux autorités saoudiennes.

« Je pense que tous et toutes ici avons notre opinion sur le traitement qui a été réservé à Raïf Badawi, mais le fait est qu’il a déjà purgé plus de 80 % de sa peine. Alors, notre opinion, c’est que ça suffit. Il est maintenant temps de le libérer et de lui permettre de retrouver sa famille. […] Si le gouvernement saoudien voulait être exemplaire à l’égard de cet homme, je pense qu’il l’a été et qu’il est maintenant temps de le libérer », a-t-il dit.

« Non. je n’ai pas dit qu’il avait appris sa leçon. Je pense qu’il a certainement tiré des leçons », a-t-il encore offert. Invité à élaborer sur les leçons à tirer de cette affaire, M. Bergeron a dit qu’il vaut mieux ne pas aller en Arabie saoudite. Or, M. Badawi n’était pas là en voyage. Il est Saoudien et sa famille a fui ce pays après son arrestation.

Lorsque le député Bergeron a soulevé la question en Chambre, jeudi après-midi, demandant au gouvernement canadien de profiter de la réunion du G20 pour mettre de la pression sur les autorités saoudiennes, le ministre des Affaires étrangères l’en a remercié.

« Nous allons continuer (de) toutes les façons de soulever le cas de Raïf Badawi », a promis le ministre François-Philippe Champagne.