(Ottawa) Le directeur parlementaire du budget (DPB) déplore le manque de transparence du gouvernement libéral de Justin Trudeau entourant des milliards de dollars de dépenses fédérales prévues.

La Presse Canadienne

Le Bureau du DPB décoche ces flèches dans deux rapports distincts publiés mercredi matin.

Dans le premier rapport, le DPB indique que les libéraux n’ont pas fourni d’informations détaillées aux parlementaires lorsqu’ils leur ont demandé récemment d’approuver des dépenses supplémentaires totalisant 79 milliards — surtout destinés aux mesures d’aide d’urgence pendant la pandémie, selon le gouvernement.

« Bien que le nombre total de ces mesures soit considérable, la quantité d’informations mises à la disposition du public aux fins de suivi des dépenses est insuffisante, empêchant ainsi les parlementaires de mener à bien leur rôle essentiel quant à la supervision des dépenses gouvernementales et la reddition de comptes au gouvernement », déplore le DPB.

Le directeur parlementaire du budget poursuit en notant que les libéraux n’ont toujours pas fourni une liste exhaustive de toutes les mesures d’aide annoncées à ce jour, ou des estimations de coûts mises à jour. « Ce manque de données n’est pas attribuable à l’indisponibilité de celles-ci, précise le DPB. Le ministère des Finances fournissait des mises à jour bihebdomadaires au Comité permanent des finances, avant que le Parlement ne soit prorogé en août 2020. »

C’est le bureau du DPB qui a pris sur lui ces derniers mois de commencer à suivre les coûts estimés de l’aide gouvernementale d’urgence ; le dernier décompte s’élève à plus de 176 milliards pour cette année.

L’équité salariale

Dans un deuxième rapport, le DPB examine le coût associé à la nouvelle loi visant à réduire l’écart salarial entre les hommes et les femmes qui effectuent un travail similaire dans les lieux de travail sous réglementation fédérale — la fonction publique, mais aussi les banques, les transports et les télécommunications, notamment.

Le DPB estime que le gouvernement déboursera au moins 600 millions par année pour l’équité salariale, mais ce chiffre ne représente qu’environ 30 % des emplois touchés par la nouvelle Loi sur l’équité salariale. Le directeur parlementaire du budget conclut donc que le coût réel de ce régime sera beaucoup plus élevé.

Or, il souligne que le gouvernement a refusé de lui fournir son analyse financière des dépenses additionnelles qu’il prévoit engager pour appliquer la nouvelle loi, « en invoquant la confidentialité des renseignements du Conseil privé ». Le gouvernement a ainsi refusé de révéler des renseignements cruciaux sur la rémunération des fonctionnaires fédéraux — le DPB a donc dû utiliser d’autres sources pour effectuer son analyse.

« Les parlementaires pourraient vouloir encourager le gouvernement fédéral à fournir des estimations des hausses de salaire prévues des fonctionnaires fédéraux, ainsi qu’une analyse de leurs répercussions possibles sur les pensions et les autres avantages sociaux futurs », conclut le DPB.