(Ottawa) Des propos tenus par la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, suscitent la réprobation du Commissariat à l’information du Canada (CIC).

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« La commissaire est très déçue par la déclaration sur l’accès de @PattyHajdu. La commissaire a sonné l’alarme sur la nécessité d’un leadership fort au sein du gouv & d’une augmentation des ressources pour régler les problèmes importants du système depuis le début de la pandémie », lit-on sur le compte Twitter de l’agent indépendant du Parlement.

Une enfilade de tweets énumérant des prises de position et déclarations récentes de la commissaire Maynard en ce qui concerne l’importance de l’accès sur l’information suit ce message empreint de déception adressé à l’endroit de la ministre.

Les propos qui ont inspiré ce blâme public ont été tenus lors de la période de questions en Chambre, jeudi.

« Pas un seul Canadien ne m’a demandé de consacrer plus de ressources aux agents responsables de l’accès à l’information. On me demande plutôt de consacrer toutes les ressources du Canada à la santé, à la sécurité et à la prospérité économique du pays », a lancé Patty Hajdu.

Elle répondait à une question de la conservatrice Michelle Rempel Garner, qui avait porté à son attention le fait que, selon un article publié dans le Winnipeg Free Press, moins de la moitié des bureaux fédéraux de l’accès à l’information fonctionnent à plein rendement, y compris au ministère de la Santé.

La députée interrogeait la ministre après avoir déposé une motion exigeant du gouvernement libéral qu’il fournisse au Parlement une flopée de documents liés à la gestion de la pandémie de la COVID-19. « Quel échéancier la ministre propose-t-elle pour fournir ces documents ? », s’était-elle écriée.

C’est à ce moment que Patty Hajdu lui a répondu avec la déclaration qui a été mal digérée par le CIC.

La ministre réagit

La ministre a offert sa réaction sur Twitter, vendredi, en début de soirée.

« Nous avons agi rapidement pour répondre à la #COVID19. Nous avons partagé et continuerons à partager toute l’information dont vous avez besoin pour vous protéger et protéger vos proches […] Je parlerai avec @CI_OIC_Canada pour m’assurer que nous continuions à répondre aux demandes d’accès à l’information », a-t-elle notamment signifié sur Twitter après avoir été critiquée par le CIC sur la même plateforme.

La pandémie affecte l’accès à l’information

La pandémie fait tourner encore plus au ralenti une machine qui hoquetait déjà avant la crise — celle de l’accès à l’information. Plusieurs demandes logées par La Presse ont d’ailleurs été repoussées aux calendes grecques.

L’une d’elles, qui porte sur l’affaire WE Charity, a été repoussée de 300 jours au-delà du délai administratif usuel de 30 jours. La nouvelle date d’échéance de cette requête déposée auprès du Bureau du Conseil privé le 21 juillet dernier a ainsi été fixée au 16 juin 2021.