(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que Joyce Echaquan, une femme atikamekw, avait subi « la pire forme de racisme » en étant insultée par du personnel infirmier sur son lit d’hôpital peu avant son décès.

Catherine Lévesque
La Presse Canadienne

La mère de famille est morte à l’hôpital de Joliette, lundi soir, dans des circonstances troublantes.

Avant son décès, elle s’est filmée de sa civière. Vers la fin de la vidéo d’environ sept minutes, on peut voir du personnel hospitalier proférer des injures racistes à l’endroit de Mme Echaquan. Des propos qui ont suscité l’indignation aussi à Ottawa.

« Tous les Canadiens ont été choqués de voir cette vidéo des derniers moments de Joyce Echaquan. Toutes nos condoléances vont à sa famille et aux habitants de Manawan en ces temps incroyablement difficiles », a réagi M. Trudeau à la Chambre des communes, mercredi.

« Ce qui s’est passé, c’est la pire forme de racisme quand quelqu’un avait le plus besoin d’aide. C’est un exemple, un autre exemple de racisme systémique qui est tout simplement inacceptable au Canada », a-t-il ajouté.

Le chef du Bloc québécois et son député de Joliette ont tous les deux pris la parole.

« Mme Echaquan s’est rendue à l’hôpital pour recevoir de l’aide ; elle y a reçu du mépris. […] Ma réaction de dégoût n’a rien de politique. Ma réaction s’indigne du reflet odieux d’un miroir sur plusieurs d’entre nous et dont nous portons tous la honte », a dit Yves-François Blanchet.

« Mon cœur est rempli de tristesse, mais il déborde de rage », a réagi Gabriel Ste-Marie, qui a demandé du même coup une « vraie enquête indépendante avec de vraies réponses ».

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, s’est adressé à la défunte pour exprimer sa peine.

« Je suis vraiment désolé, Joyce. Les derniers moments de votre vie n’auraient pas dû se terminer ainsi. Le racisme systémique prive les gens de leur dignité et les tue », a laissé tomber M. Singh.

Deux enquêtes sont présentement en cours : une du Bureau du coroner et une autre du CIUSSS de Lanaudière, qui a l’hôpital sous son égide. Le CIUSSS a d’ailleurs congédié une des infirmières qui a admis avoir tenu des propos racistes entendus dans la vidéo.