(Ottawa) Un autre chef se voit contraint de se soumettre à un test de dépistage de la COVID-19. Le dirigeant conservateur Erin O’Toole et sa famille en subiront un mercredi.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Dans un communiqué transmis par le Parti conservateur, on explique qu’un membre du personnel avec qui Erin O’Toole a voyagé a reçu un diagnostic positif, et que « même s’il n’a lui-même aucun symptôme », le politicien se fera tester, tout comme les membres de sa famille, « par mesure préventive ».

Les autres membres du personnel qui ont voyagé avec le chef se feront aussi tester, et demeureront en isolement préventif. Au bureau de M. O’Toole, on s’affaire présentement à contacter « toutes les personnes qu’il a récemment rencontrées ».

« Ma famille et moi allons bien, mais nous prenons la COVID-19 très au sérieux. Aujourd’hui, c’était la première journée de retour à l’école pour mon fils Jack, mais nous allons plutôt nous faire tester et nous placer en isolement préventif pour se conformer aux directives de la santé publique », a déclaré le chef.

Le dirigeant conservateur a rencontré en début de semaine le premier ministre du Québec, François Legault, à Montréal. À l’issue de ce tête-à-tête, Erin O’Toole avait répondu aux questions des journalistes, sans masque, à l’extérieur de l’édifice qui abrite les bureaux du premier ministre.

Pas de test ou d’isolement requis pour Legault

Le premier ministre Legault a signalé mercredi qu’il avait fait les vérifications nécessaires après avoir été informé de cette exposition. Il a été déterminé que dans son cas, ni un test ni un isolement préventif ne s’imposaient, a-t-il communiqué.

« Nous avons contacté la Santé publique. M. O’Toole ne présente aucun symptôme. Il s’agit donc d’un contact d’un contact, une exposition à faible risque selon la Santé publique. La Santé publique ne recommande pas l’isolement ou le dépistage, seulement surveiller l’apparition de symptômes. Nous allons continuer de suivre ces recommandations », peut-on lire dans les deux messages publiés sur son compte.

Le Parti conservateur n’a voulu fournir aucun détail additionnel aux informations figurant dans le communiqué. « Nous n’avons rien à ajouter à la déclaration pour le moment », a écrit dans un courriel la porte-parole Chelsea Tucker.

Dans un message subséquent, elle a précisé qu’il revenait aux autorités sanitaires d’entrer en contact avec quiconque a été en contact étroit avec l’individu.

En début de semaine, le caucus du Bloc québécois, incluant le chef Yves-François Blanchet, s’est placé en isolement préventif après qu’on a appris qu’un employé politique a reçu un résultat de test positif. On a appris mardi soir que la femme du dirigeant bloquiste, Nancy Déziel, avait contracté la COVID-19.

Isolés pour la rentrée ?

Ces rebondissements surviennent à quelques jours de la reprise des travaux parlementaires à Ottawa. Le coup d’envoi sera donné mercredi prochain avec la présentation du discours du Trône. Les partis n’ont pas encore réussi à s’entendre sur les modalités de cette rentrée.

Les leaders parlementaires aux Communes négocient en ce moment la manière de reprendre les travaux la semaine prochaine. Libéraux, néo-démocrates et bloquistes sont d’accord pour que la majorité des députés participent aux séances de la Chambre en visioconférence et puissent aussi voter à distance.

Les conservateurs semblent encore résister à l’idée.

Et pour les critiquer, le leader du gouvernement en Chambre, Pablo Rodriguez, a brandi les mésaventures bloquistes.

« Le fait que […] les députés du Bloc québécois doivent s’isoler de façon responsable, c’est un exemple de ce qu’est une démocratie en temps de pandémie », a-t-il fait valoir à son arrivée mardi matin à la deuxième journée d’une retraite du conseil des ministres à Ottawa.

« Est-ce que parce que les députés du Bloc respectent les consignes […], ils ne (pourraient) pas voter, […] c’est normal ? », a lancé M. Rodriguez.

Il a dit faire appel « en particulier aux conservateurs ». « Un député doit pouvoir voter pas parce qu’il est en Chambre, pas parce que le whip a décidé qu’il serait là, mais parce qu’il a été élu par le peuple », a-t-il poursuivi.

Le nouveau leader parlementaire des conservateurs, Gérard Deltell, refuse de faire des commentaires sur ce sujet pendant que les discussions entre leaders se poursuivent.

Son collègue whip Blake Richards y est cependant allé d’une analogie pour dire le fond de sa pensée. Sur les ondes de la radio de CBC, samedi, il a comparé l’option du vote à distance à l’utilisation de l’application Tinder, le site virtuel de rencontres amoureuses.

« Je ne crois pas que le vote devrait être réduit à des députés assis en pyjama, chez eux, en train de voter comme sur Tinder, en balayant à droite ou à gauche », a ironisé le député conservateur.

– Avec Lina Dib, La Presse Canadienne