(Ottawa) Un chapitre de la saga WE Charity vient de se conclure. L’organisme de bienfaisance a fini par rembourser à Ottawa les 30 millions de dollars qui lui avaient été versés pour gérer le programme de bourses de bénévolat mort dans l’œuf.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Le gouvernement canadien n’avait reçu à la mi-juillet que 22 millions de dollars de la somme forfaitaire totale accordée à l’organisme. Il est maintenant prêt à fermer les livres, a confirmé mardi à La Presse Dani Keenan, attachée de presse de la ministre de la Diversité et de l’Inclusion et de la Jeunesse Bardish Chagger.

L’organisme WE Charity (Mouvement UNIS, en français), avait annoncé jeudi soir sur un compte Twitter qu’elle avait retourné les 30 millions de dollars, comme l’a rapporté CTV News. Au gouvernement, le dossier est considéré comme officiellement clos par les fonctionnaires depuis samedi, a noté Mme Keenan.

Un chèque de 30 millions de dollars avait été accordé à l’organisation cofondée par les frères Marc et Craig Kielburger pour gérer la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant, dont la valeur aurait pu atteindre 912 millions de dollars.

Le programme a avorté au début du mois de juillet, alors que la proximité des liens entre WE Charity et les familles du premier ministre Justin Trudeau et de son ministre des Finances, Bill Morneau, faisaient surface. Le grand argentier fédéral a jeté l’éponge à la mi-août, après des semaines de pressions de l’opposition.

La réputation de l’organisme de bienfaisance en a aussi souffert, sa structure financière complexe s’étant retrouvée sous la loupe médiatique dans la foulée de cette affaire. Devant un comité parlementaire, plus tôt cet été, les frères Kielburger ont déclaré que cette aventure lui avait coûté des millions de dollars.

« Il en a coûté environ 5 millions à WE Charity afin de mettre en œuvre les mécanismes pour livrer la Bourse […] WE Charity a choisi de renoncer à son droit à un remboursement pour des dépenses admissibles tel que prévu dans l’entente de contribution », a-t-on écrit jeudi sur le compte Twitter WE Communications.

Trois comités parlementaires avaient entamé des études sur cette affaire dont le gouvernement Trudeau ne semblait pas parvenir à se dépêtrer. Le premier ministre ayant prorogé le Parlement jusqu’au discours du Trône du 23 septembre prochain, les travaux ont été interrompus.