(Ottawa) Après avoir dévoilé les membres de sa garde rapprochée, la semaine dernière, le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, annoncera mardi la composition de son cabinet fantôme.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

La Presse a appris que M. O’Toole confiera à l’ancien lieutenant politique au Québec, Alain Rayes, le soin de croiser le fer avec deux ministres québécois qui pourraient se retrouver sur la sellette bien malgré eux : le ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, et la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly.

C’est que le gouvernement Legault a exprimé son intention de faire appliquer la loi 101 aux entreprises qui sont réglementées par le gouvernement fédéral sur son territoire, notamment les banques et les sociétés de télécommunications.

Cette volonté du gouvernement Legault risque de provoquer des tensions entre Québec et Ottawa sur le front linguistique, un dossier qui pourrait aboutir sur le bureau des ministres Guilbeault et Joly.

« Le dossier des langues officielles risque d’être un enjeu considérable au cours des prochains mois, tout comme les dossiers qui relèvent du ministère du Patrimoine. C’est donc un mandat très important qui est confié à Alain Rayes », a confié à La Presse une source conservatrice qui a requis l’anonymat.

M. Rayes deviendra donc critique responsable du patrimoine, du développement économique et des langues officielles.

La semaine dernière, Erin O’Toole a décidé de brasser les cartes en nommant le député de Chicoutimi–Le Fjord, Richard Martel, au poste de lieutenant politique. M. Martel, qui a été le seul député du Québec à appuyer M. O’Toole durant la course à la direction, a ainsi remplacé Alain Rayes, qui occupait ces fonctions depuis trois ans. M. O’Toole a aussi profité de l’occasion pour nommer Gérard Deltell au sein de sa garde rapprochée en lui confiant le poste de leader de l’opposition officielle en Chambre – un poste névralgique lorsqu’un gouvernement minoritaire est au pouvoir.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Alain Rayes

Dans le cabinet fantôme qui sera dévoilé mardi, un autre élu conservateur du Québec, Luc Berthold, aura comme mission d’en découdre avec un ministre québécois du gouvernement Trudeau : le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos. « M. Duclos s’en est bien sorti jusqu’ici, mais il est quand même celui qui autorise de gros déficits. Luc Berthold est un bon communicateur qui obtient un gros mandat », a souligné une source conservatrice.

M. O’Toole a aussi décidé de nommer le député de la région de Québec Pierre Paul-Hus à titre de critique en matière de services publics et d’approvisionnement, le député du sud de l’Ontario Michael Chong au poste de critique en matière d’affaires étrangères et l’ancien chef du Parti conservateur Andrew Scheer en tant que critique de l’opposition pour le dossier des infrastructures et des collectivités.

Seulement deux députés conservent les mêmes fonctions qu’auparavant, soit Pierre Poilievre, qui demeure critique aux finances, et Michael Barrett, qui reste critique en matière d’éthique.

Dans ce brassage des cartes, M. O’Toole a décidé de s’octroyer un dossier qui pourrait être un enjeu important de la prochaine campagne : la prospérité de la classe moyenne.

En plus de présenter son cabinet fantôme, M. O’Toole promet d’ailleurs de dévoiler un plan d’ici quelques semaines qui va « traiter les Canadiens qui travaillent fort en priorité, sortir notre pays de cette crise et rebâtir notre grand pays ».