(Québec) Guy Nantel accuse ses adversaires de faire de la politique « cheap » en s’attaquant à lui parce qu’il terminera sa tournée de spectacles au-delà du 9 octobre, alors que des représentations ont été annulées au printemps en raison de la COVID-19, ce qui pourrait le mener à combiner le rôle de chef du Parti québécois de jour et d’humoriste le soir.

Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

Selon Paul St-Pierre Plamondon, cette décision de Guy Nantel répond à « ses propres intérêts » et non à ceux du parti qu’il aspire à diriger. L’avocat attaquait ainsi mardi son adversaire, alors que se tenait dans un studio de Granby le deuxième débat virtuel de la course à la direction du parti, sur le thème de la justice.

Dans leurs échanges, M. St-Pierre Plamondon questionnait l’humoriste à savoir comment il pouvait, le soir, faire des blagues sur une femme qui a publiquement dénoncé des agressions sexuelles et être, le jour, le chef d’un parti qui veut légiférer sur cet enjeu de société. Il resterait environ 22 spectacles à Guy Nantel afin de terminer sa tournée sans devoir payer de pénalités à son équipe de gérance.

« Toi, je comprends que tu veux faire du capital parce que les sondages ne sont pas bons en ce moment », a rétorqué M. Nantel, affirmant que les Québécois savaient faire la différence entre un spectacle d’humour, avec un personnage sur scène, et les positions officielles d’un politicien.

Un autographe ?

L’humoriste s’est également dit étonné de l’attaque de Paul St-Pierre Plamondon, affirmant que ce dernier avait attendu une demi-heure après un spectacle qu’il avait donné à Sainte-Agathe pour avoir un autographe.

« Je ne t’ai pas demandé d’autographe, c’est plus ton ego qui dit ça », a répliqué M. St-Pierre Plamondon, précisant plus tard en point de presse qu’il avait « des témoins », dont sa conjointe qui était présente avec lui ce soir-là.

Un chef « extra-parlementaire » ?

Paul St-Pierre Plamondon a également plaidé lors du débat de mardi pour que le prochain chef péquiste soit « extra-parlementaire », c’est-à-dire un non-élu. Cela lui permettrait de faire un travail de terrain auprès des militants, notamment dans les cégeps et les universités.

Dans le débat, l’avocat a rapidement évoqué le fait qu’un « humoriste à temps partiel » n’aurait pas le temps de faire ce travail, ni un chef qui pourrait être pris dans des commissions parlementaires à l’Assemblée nationale. Cette attaque envers son rival Sylvain Gaudreault, seul candidat de la course qui est député à l’Assemblée nationale, a fait bondir l’élu de Jonquière.

L’idée d’un chef extra-parlementaire, ça ne marche pas. C’est une méconnaissance crasse du travail parlementaire !

Sylvain Gaudreault, député du Parti québécois, lors du point de presse de clôture

« Quand il dit que le chef n’a pas de temps à perdre dans une commission parlementaire, c’est parce que, youhou, en commission parlementaire, quand le chef est là, c’est parce qu’il est devant M. Legault », a ensuite tonné M. Gaudreault.

Plusieurs autres thèmes ont également marqué ce deuxième débat dans la course à la direction du Parti québécois, dans laquelle s’affrontent l’humoriste Guy Nantel, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, le député Sylvain Gaudreault et l’enseignant en histoire Frédéric Bastien.

En matière législative, Guy Nantel propose notamment d’appliquer la clause de dérogation à toutes les lois qui sont adoptées à l’Assemblée nationale. Cette clause, prévue dans la Constitution, permet aux provinces de protéger une loi pour une durée déterminée contre des poursuites judiciaires en vertu de certains articles de la Charte canadienne des droits et libertés. Cette idée a été saluée par Paul St-Pierre Plamondon et Frédéric Bastien, alors que Sylvain Gaudreault a affirmé qu’il fallait le faire au cas par cas.

Le troisième et dernier débat de la course afin de trouver un successeur à Jean-François Lisée aura lieu le 22 septembre. Il portera sur le thème du nationalisme. L’identité du prochain chef sera dévoilée le 9 octobre.