(Ottawa) Le Bloc québécois envisage prendre les grands moyens si Justin Trudeau et Bill Morneau n’« obtempèrent pas » à sa demande de démissionner. Un peu plus tôt, vendredi, le chef conservateur Andrew Scheer exhortait Justin Trudeau à quitter ses fonctions de premier ministre, sans aller jusqu’à menacer de renverser le gouvernement.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

On a décidé vendredi de faire monter les enchères dans le camp bloquiste en laissant planer la menace de renverser les libéraux dès l’automne prochain si Justin Trudeau et Bill Morneau n’acceptent pas de quitter leurs fonctions en raison de l’affaire UNIS.

Et s’ils « ne devaient ne pas obtempérer, le Bloc québécois consultera les Québécois dans la perspective du dépôt d’une motion de censure à l’encontre du gouvernement, dès le retour en Chambre en septembre 2020 », a déclaré la formation dans un communiqué publié vendredi.

« De plus, le Bloc québécois demande au Directeur général des élections du Canada de considérer des mesures de distanciation sociale en vue d’une élection générale qui pourrait être déclenchée avant qu’une solution médicale ne dispose de la maladie, et au Président de la Chambre des communes de prendre des dispositions en vue d’un vote de l’ensemble des 338 élus au parlement fédéral dès la rentrée du 21 septembre, voire auparavant », précise-t-on dans la même déclaration.

Le chef Yves-François Blanchet et les troupes bloquistes encouragent depuis plusieurs jours Justin Trudeau à céder les rênes de l’État et confier son poste à la vice-première ministre, Chrystia Freeland, jugeant que le premier ministre est trop accaparé par le scandale UNIS et ses multiples rebondissements pour gérer adéquatement le pays en situation de crise sanitaire et économique.

« Les Québécois peuvent ne pas vouloir une élection à court terme, mais nous comprenons qu’ils veulent encore moins un autre scandale partisan et libéral qui nuit gravement à la lutte à la COVID-19. Il faut revenir à la gestion de cette crise sanitaire, et seul le Québec semble à la hauteur de la tâche », a déclaré le leader bloquiste par voie de communiqué.

Scheer demande la démission de Trudeau

Un peu plus tôt, du côté de Regina, en Saskatchewan, le leader par intérim de l’opposition officielle a invité son adversaire libéral à tirer sa révérence, et ce, « pour le bien du pays », compte tenu des dommages causés par le scandale UNIS.

Le chef Scheer n’a pas voulu supputer sur un potentiel remplaçant à Justin Trudeau, et il a par ailleurs écarté l’option de renverser le gouvernement minoritaire libéral dès cet été, une possibilité qu’avait évoquée son lieutenant québécois Alain Rayes, jeudi.

Surtout que pour la suite des choses, cet enjeu se retrouvera entre les mains d’un autre, a-t-il plaidé. « Ce sera une décision pour le prochain chef », a indiqué celui qui cédera les commandes du Parti conservateur vers la fin août.

Dans sa déclaration d’ouverture, au lutrin, Andrew Scheer avait aussi message à envoyer aux députés libéraux qui seraient troublés par l’affaire UNIS : manifestez-vous publiquement plutôt que d’endosser les actions du premier ministre et de son grand argentier, a-t-il dit.

Le gouvernement Trudeau est empêtré dans un scandale dont il peine à se débarrasser au fil des révélations. La dernière en lice, soit que le ministre des Finances Bill Morneau a signé un chèque de 41 366 $ pour payer à UNIS des frais de deux voyages faits en 2017 qu’il avait omis de débourser, a amplifié la crise.