(Ottawa) Une enquête est lancée sur les allégations du climat « toxique » qui prévaudrait à Rideau Hall sous la houlette de la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, et de son bras droit.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Le Bureau du Conseil privé (BCP) a lancé aujourd’hui, avec le plein appui du Bureau du secrétaire du gouverneur général (BSGG), un examen approfondi, indépendant et impartial des préoccupations soulevées par d’anciens employés et des employés actuels du BSGG », a déclaré le porte-parole du BCP, Stéphane Shank, jeudi soir.

« Le BCP, en consultation avec le BSGG, travaille à établir le cadre de référence de ce travail et il prendra immédiatement des mesures pour avoir recours aux services d’un tiers indépendant qui mènera l’examen », a-t-il ajouté, spécifiant que « le harcèlement n’a sa place dans aucun milieu de travail professionnel ».

On ignore pour l’heure si le rapport d’enquête sera rendu public une fois achevé.

Cette annonce survient dans la foulée d’un reportage diffusé plus tôt cette semaine par le réseau CBC sur la foi de témoignages anonymes d’une dizaine d’employés ou d’ex-employés de Rideau Hall. Ceux-ci ont décrit un climat de travail nocif depuis l’entrée en fonction de la gouverneure générale du Canada, Julie Payette.

La représentante de la reine rabaisserait constamment le personnel, tout comme son bras droit, la secrétaire générale Assunta Di Lorenzo. Les employés vivraient du harcèlement psychologique et seraient taxés de « paresseux » ou d’« incompétents », selon ce reportage.

Le diffuseur public relate aussi que l’ancienne astronaute, qui a été nommée par Justin Trudeau à l’été 2017, plaçait des employés sur la sellette en leur « demandant de nommer toutes les planètes du système solaire ou de quantifier la distance entre le Soleil et la Lune ».

Ces allégations n’ont pu être corroborées par La Presse, et elles ont été catégoriquement niées par Rideau Hall. « Nous sommes profondément consternés par la teneur de ce reportage, qui contraste complètement avec la réalité du travail au BSGG », a déclaré une porte-parole de la gouverneure générale Julie Payette.

Les conservateurs et les néo-démocrates avaient demandé mercredi au gouvernement de se pencher sur cette affaire.

Le Bureau du Conseil privé étant le ministère du premier ministre, la requête a donc essentiellement été acceptée. « Le harcèlement en milieu de travail est inacceptable en toutes circonstances, et notre gouvernement est résolu à offrir un environnement de travail sûr à tous les fonctionnaires. Le premier ministre prend cette question très au sérieux », a-t-on réagi jeudi au bureau de Justin Trudeau.

Julie Payette réagit

Dans un communiqué publié quelques minutes après l’annonce du déclenchement d’une enquête, la gouverneure générale du Canada y est allée de cette déclaration :

« Je suis profondément préoccupée par les reportages dans les médias concernant le Bureau du gouverneur général et il est primordial que tous les employés qui travaillent à Rideau Hall bénéficient d’un environnement de travail sain et sécuritaire, en tout temps et en toutes circonstances », y lit-on.

« Je prends très au sérieux les questions de harcèlement et de milieu de travail et je suis entièrement d’accord avec la conduite d’un examen indépendant », conclut-elle.

Julie Payette a fait l’objet de critiques à l’issue de la première année de son mandat, le National Post faisant état d’une réticence de sa part à réaliser certaines tâches liées à son rôle, ce que la principale intéressée avait nié.