Le premier ministre François Legault a profité jeudi de sa présence au Saguenay–Lac-Saint-Jean pour annoncer que son gouvernement déposerait d’ici le mois d’octobre une nouvelle mouture du régime forestier.

François Vézina
La Presse canadienne

Selon lui, il existe actuellement des « problèmes réels » dans l’allocation des coupes et dans le prix de la fibre.

« C’est nécessaire et c’est urgent pour permettre que des projets se réalisent, a-t-il soutenu. Si on était capable de régler le problème du régime forestier, je serais confiant de voir un ou deux projets se réaliser. »

M. Legault a rappelé pendant son point de presse à Alma qu’il s’était engagé au cours de la campagne électorale de 2018 à réviser cette politique. Il continue de croire que celle mise en place par le gouvernement du Parti québécois à l’époque « ne tient pas la route avec les entreprises ».

Il veut que le nouveau régime forestier permette plus de « prévisibilité » pour les entreprises.

« On ne peut pas ne pas savoir où on s’en va, d’avoir une partie importante des capacités de coupes aux enchères chaque année, a souligné M. Legault. On doit avoir une prévisibilité, au moins sur une période de trois ans, sur les droits de coupe si on veut que des entreprises investissent dans du nouvel équipement. »

Rio Tinto et GNL

Par ailleurs, le premier ministre a aussi évoqué les difficultés que vit actuellement le secteur de l’aluminium. Ce marché est en érosion, notamment en raison d’une chute de la demande des constructeurs automobiles à la suite de la pandémie de COVID-19. Il a dit avoir eu à ce sujet des discussions avec la direction du géant Rio Tinto, très présent au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

M. Legault a tenu à rappeler à Rio Tinto l’importance de respecter les promesses formulées quant à l’avenir des installations de l’entreprise à Arvida. « Il faut que l’usine reste ouverte jusqu’en 2025 et que la promesse de construire l’AP60 soit respectée », a-t-il lancé.

Il s’est dit prêt à aider financièrement Rio Tinto pour réaliser ces projets, mais à condition que la société respecte ses promesses d’investissements. « Il n’est pas question de reculer, a mis en garde le premier ministre. On a des moyens, entre autres via les contrats d’électricité. On a une poignée pour négocier avec Rio Tinto, mais on ne fera pas de compromis contrairement au Parti libéral. C’est important que tous ces emplois soient protégés. »

En octobre dernier, l’entreprise avait pourtant annoncé qu’elle renonçait à son projet de construire 16 nouvelles cuves à son usine AP60 d’Arvida.

Quant au projet d’une usine de liquéfaction de GNL, M. Legault s’est montré plus prudent, tout en défendant sa raison d’être, affirmant qu’il était bon pour l’économie et l’environnement.

Il s’est dit très inquiet pour l’existence du projet qui est toujours à la recherche d’investisseurs privés. « C’est un projet très critiqué. C’est sûr que les investisseurs privés se questionnent sur l’acceptabilité sociale du projet. Arrivent la pandémie et la crise économique », a-t-il dit.

M. Legault a indiqué que le gouvernement n’apportera pas une aide financière à ce projet si celui-ci ne recevait pas d’investissements privés.