(Ottawa) Fraîchement nommé ambassadeur du Canada aux Nations unies, Bob Rae veut prendre le temps de tâter le terrain avant de s’avancer sur les chances qu’Ottawa brigue à nouveau un siège temporaire au Conseil de sécurité.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

L’ancien chef intérimaire du Parti libéral du Canada et ex-premier ministre néo-démocrate de l’Ontario s’est présenté devant les journalistes à Ottawa aux côtés de son prédécesseur, Marc-André Blanchard, et il a qualifié d’« immense honneur » sa nomination comme ambassadeur et représentant permanent du Canada à l’ONU.

L’annonce de son arrivée survenant moins de trois semaines après la défaite encaissée par le Canada face à la Norvège et à l’Irlande dans une course serrée pour un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, il a été questionné sur ses intentions quant à une nouvelle campagne.

Le vieux routier de la politique a choisi de rester vague.

« C’est beaucoup trop tôt pour donner une réponse. On doit évaluer la situation [...] J’entre en poste au mois d’août; naturellement, après une certaine période de temps, j’aurai des idées dont je discuterai avec le gouvernement au sujet d’une nouvelle campagne potentielle », a-t-il plaidé.

« Répondre en ce moment, ce ne serait pas une bonne idée, parce ce que je n’ai pas eu de discussions avec les gens qui ont beaucoup plus d’expérience sur cette question », a complété celui qui, au cours des dernières années, a été envoyé spécial du Canada auprès du Myanmar et envoyé spécial du Canada pour les enjeux humanitaires et relatifs aux réfugiés.

Serait-ce une bonne idée pour le gouvernement canadien de se lancer dans une nouvelle quête pour un siège rapidement, dans la foulée de l’échec du 17 juin dernier? L’ambassadeur sortant Marc-André Blanchard a préféré esquiver la question qui lui a été posée par une journaliste pendant la conférence de presse.

« Il y a plusieurs facteurs qui pourraient nous inciter, ou ne pas nous inciter, à entrer dans une course. Ce sera au premier ministre et au ministre des Affaires étrangères de soupeser le pour et le contre », a-t-il dit, après avoir cité l’entrée tardive du Canada dans la course comme l’un des facteurs de sa défaite.

Le Bloc regrette une nomination « politique »

La désignation de Bob Rae a été accueillie avec scepticisme par le porte-parole du Bloc québécois en matière d’Affaires étrangères, Stéphane Bergeron.

« Quelques jours seulement après avoir subi une défaite embarrassante lors du vote pour l’obtention d’un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, il choisit de procéder à une nomination politique, plutôt que de confier ce poste stratégique à un diplomate de carrière ayant une connaissance approfondie du système onusien », a-t-il déploré dans une déclaration écrite transmise à La Presse.

Le Parti conservateur a lui aussi réagi tièdement. « Les conservateurs espèrent que la nomination de Bob Rae comme ambassadeur du Canada aux Nations unies permettra d’obtenir de meilleurs résultats en matière de politique étrangère pour les Canadiens et que le gouvernement Trudeau cessera de brader les principes du Canada sur la scène internationale », a écrit une porte-parole de la formation, Josée Morissette.

Bob Rae a été premier ministre de l’Ontario sous la bannière du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario de 1990 à 1995. Après avoir tenté de se faire élire chef du Parti libéral du Canada (PLC), en 2006, il a effectué un retour à la Chambre des communes à titre de député en 2008. Il a ensuite tenu les rênes de la formation de façon intérimaire entre 2011 et 2013, avant l’arrivée de Justin Trudeau.