De passage en Outaouais, vendredi, le premier ministre François Legault a souligné qu’il y avait plusieurs CHSLD « désuets » dans la région, et en a profité pour reprendre ses critiques sur les délais dans l’approbation de projets d’infrastructure.

Jean Philippe Angers
La Presse canadienne

M. Legault a dit avoir convenu avec la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais, Josée Filion, qu’il devait y avoir un effort supplémentaire pour la qualité des établissements de soins de longue durée.

La construction de deux « maisons des aînés » — ces nouveaux projets du gouvernement caquiste — et la « relocalisation » de deux CHSLD sont prévues, a-t-il indiqué.

Mais le premier ministre a affirmé qu’il faudrait probablement « parler de plus de maisons des aînés » que ce qui est déjà sur la table.

Il a par ailleurs indiqué un manque d’au moins 170 lits dans la région, disant qu’il y a encore des gens dans les hôpitaux qui devraient être dans un CHSLD.

M. Legault a assuré vouloir aller de l’avant avec une promesse de 2018 de construire un nouvel hôpital d’« au moins 170 lits ».

« On compte sur la construction d’infrastructures pour relancer l’économie, c’est pas de l’argent perdu, on a besoin de maisons des aînés, d’un nouvel hôpital en Outaouais », a-t-il affirmé en point de presse à Chelsea, déplorant des délais « beaucoup trop longs », parfois de « plusieurs années » avant de commencer la construction.

« C’est inacceptable. J’ai essayé depuis un an et demi de réduire la bureaucratie dans les différents ministères. Je pense qu’on a réussi à le faire. Mais il reste des règles et des lois concernant les évaluations environnementales, les évaluations en aménagement du territoire, en expropriations… des évaluations qui sont beaucoup trop longues », a martelé M. Legault.

Le premier ministre a dit avoir « ressenti un bon support » des maires et préfets rencontrés en Outaouais pour accélérer les travaux.

Le mois dernier, le gouvernement et l’opposition se sont retrouvés dos à dos, incapables de trouver un terrain d’entente sur le projet de loi 61.

La controversée pièce législative, qui a été déposée le 3 juin, vise à accélérer la mise en chantier de centaines de projets d’infrastructure.

Des primes « détournées »

Soulevant aussi un manque d’infirmières, M. Legault a fait état d’une « compétition sur les salaires » à cause de la proximité d’Ottawa et de sommes prévues pour des primes ayant été « détournées » vers d’autres secteurs.

« On a une compétition sur les salaires des infirmières qui fait que lorsqu’on regarde le nombre d’infirmières par 1000 habitants, et bien les gens de l’Outaouais ont moins d’infirmières qu’ailleurs au Québec. C’est pas juste, les gens de l’Outaouais paient les mêmes impôts que tous les autres Québécois », a-t-il fait valoir.

« Il serait donc normal qu’il y ait des incitatifs », a-t-il poursuivi.

M. Legault a dit avoir appris vendredi auprès de la PDG du CISSS qu’une somme de 20 millions sur les 24 millions d’un programme annuel était utilisée « pour l’oncologie et d’autres secteurs qui n’ont rien à voir avec les primes aux infirmières ».

Et déjà le 24 millions n’était pas suffisant, a dit M. Legault.

« Il faudra bonifier, revoir ce programme-là pour être capable d’avoir autant d’infirmières ici que dans les autres régions », a dit M. Legault.

Concernant le manque de médecins en Outaouais, M. Legault a soutenu qu’il fallait s’assurer que les finissants commencent leur pratique ailleurs qu’à Montréal ou Québec.

« Les médecins, on a le droit comme gouvernement de mettre en place des plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM). Maintenant, il faut avoir du courage, il faut s’assurer que tous les sortants des universités travaillent là où il manque le plus de médecins. Il faut arrêter de donner des exemptions comme cela a été fait dans les dernières années pour aller à Montréal et aller à Québec », a-t-il déclaré.

L’approvisionnement alimentaire

Concernant la souveraineté alimentaire mise en lumière durant la pandémie, M. Legault a souligné l’engagement de « doubler la superficie des serres » dans la région.

« On a eu peur durant la pandémie, à l’approvisionnement. Pour certains fruits et légumes durant l’hiver, on compte beaucoup sur le sud des États-Unis. Or, l’avantage qu’on a, c’est qu’on a […] des surplus d’électricité », a-t-il fait valoir.

Le premier ministre a indiqué qu’au cours des prochains jours, la présidente d’Hydro-Québec et le ministre des Ressources naturelles annonceraient un programme, « qui va être très avantageux, pour atteindre notre objectif de doubler la superficie en serres ».