(Québec) Le gouvernement Legault se dit « extrêmement » troublé d’apprendre que l’ancien délégué général du Québec à New York, André Boisclair, a été visé par une plainte concernant ses fréquentations et l’usage de drogue lorsqu’il occupait le poste le plus important de la diplomatie québécoise aux États-Unis.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

« On va faire des vérifications. On va regarder ce qui est possible de rendre public. Moi, je veux qu'on soit totalement transparent dans ce dossier », a dit jeudi en point de presse le premier ministre François Legault.

« Je trouve extrêmement troublant les faits qui sont allégués ce matin dans le journal. D’autant plus que [M. Boisclair occupait] le poste le plus important dans le réseau aux États-Unis. Il faut être digne de cette fonction », a également communiqué la ministre des Relations internationales Nadine Girault à La Presse.

Les médias de Québecor ont dévoilé jeudi que l’ancien chef du Parti québécois (PQ) a conclu une entente confidentielle avec le gouvernement de Pauline Marois après avoir été visé par une plainte lors de son mandat aux États-Unis en 2012-2013 concernant « l’utilisation de drogue et la présence de jeunes dans son entourage alors qu’il était délégué général à New York », écrivent les quotidiens du groupe médiatique.

Les services juridiques du gouvernement du Québec ont conclu une entente confidentielle avec l’ancien délégué général, poursuit-on. Le cabinet de Nadine Girault au ministère des Relations internationales a indiqué à La Presse que des vérifications sont en cours pour prendre connaissance de l’entente en question.

Le chef par intérim du Parti québécois Pascal Bérubé (qui était ministre à l’époque du gouvernement Marois) qualifie ces nouvelles informations de troublantes et choquantes. Il affirme qu’il n’était « pas au courant d’une telle entente »

« C’est troublant et c’est choquant. M. Boisclair devra faire face à la justice. […] Les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent dans leur vie. Mais, quand il y a crime contre la personne, là, c’est criminel, et la justice doit s’en mêler. Alors, vous comprenez bien de mes propos ce matin que ça me trouble, ça me choque, mais la justice est là pour ça », a-t-il dit. Le Parti québécois est d’accord pour que le gouvernement Legault divulgue l’entente, s’il peut le faire.

L’ancien chef péquiste Jean-François Lisée, qui était ministre des Relations internationales au sein du gouvernement Marois, a pour sa part écrit jeudi sur Twitter qu’il n’a « jamais reçu, à aucun moment, d’informations concernant des actes illégaux ou potentiellement illégaux commis par M. Boisclair ».

« Ministre, on m’a informé d’une plainte d’une employée mécontente, mais aucun comportement illégal ne m’a été signalé », a-t-il écrit.

« L’important, c’est de faire la lumière sur ce qui était légal puis ce qui était illégal. S’il y a eu des comportements illégaux, je fais confiance aux tribunaux pour faire la lumière sur les comportements illégaux », a pour sa part affirmé Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire.

« Je pense que certains comportements ont été tolérés dans les hautes sphères de la société québécoise pendant trop longtemps, et que le Québec est en train de changer, puis que ce qu’on a toléré, on ne le tolère plus, ce qu’on a accepté, on ne l’accepte plus », a-t-il ajouté.

André Boisclair fait actuellement face à une accusation criminelle d’agression sexuelle armée pour des faits qui seraient survenus le 8 janvier 2014, après son retour au Québec. M. Boisclair n’est pas criminellement accusé de quoi que ce soit en lien avec les nouvelles allégations publiées jeudi par Québecor concernant ses agissements lorsqu’il était en poste à New York.