Pendant quelques heures samedi, le premier ministre François Legault a bloqué Aaron Derfel, journaliste de The Gazette, de son fil Twitter.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Le 13 mai, en pleine conférence de presse, François Legault avait déjà ciblé ce journaliste, critiquant ouvertement son travail.

Un sondage révélait alors que le déconfinement inquiétait davantage les anglophones que les francophones. Le premier ministre avait attribué ces craintes à The Gazette et critiqué le travail de son « spécialiste en santé », avait-il spécifié en conférence de presse.

M.  Aaron Derfel est celui qui, le premier, a levé le voile sur la tragédie au CHSLD privé Herron où 51 personnes sont mortes pendant la pandémie.

Le Bureau du coroner a ouvert une enquête sur le décès de 31 des 150 résidants.

Le blocage de M.  Derfel en ce samedi a fait réagir fort sur Twitter.

En réponse à la journaliste Chantal Hébert qui a mis un simple point d’interrogation sur la nouvelle de ce blocage sur Twitter, François Legault a répliqué : « Quand un “journaliste” me “tague” plus de 10 fois sur Twitter en disant que je mens… »

Le journaliste Aaron Derfel a souligné que du temps des Libéraux, il était tout aussi critique de Gaétan Barrette, qui n’aimait certes pas tous ses articles, mais qui, « au moins, me respectait comme journaliste ».

Cela s’est bousculé sur Twitter pour commenter la dispute du jour. La députée libérale Marie Montpetit a demandé des explications à M.  Legault.

Son confrère André Fortin n’a pas aimé que M.  Legault mettre le mot « journaliste » entre guillemets. « Ce n’est pas parce que quelqu’un ne suit pas votre ligne de pensée qu’il n’est pas digne d’être qualifié de journaliste. »

Un peu après 16 heures, M. Derfel a annoncé que François Legault l’avait réintégré sur son fil Twitter.

À noter que les politiciens et un très grand nombre d’organismes publics utilisent leur fil Twitter pour transmettre leurs communiqués de presse et leurs nouvelles fraîches. Lorsqu’une personne en bloque une autre sur Twitter, ses communications ne lui sont plus accessibles.