(Québec) Le prêt de 200 millions US que pourrait accorder Québec au Cirque du Soleil est critiqué par les partis d’opposition, alors que François Legault vante plutôt une proposition « brillante ».

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Québec solidaire réclame que Québec prête l’argent en échange d’une participation dans l’actionnariat de l’entreprise, alors que le Parti québécois souhaite qu’on passe ces fonds aux entreprises qui sont déjà à propriété québécoise et qui en arrachent en raison de la COVID-19.

En mêlée de presse, mercredi, le député solidaire Vincent Marissal a affirmé que le prêt de 200 millions accordé au Cirque, tel qu’annoncé mardi lors d’une brève mêlée de presse du ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, était une « subvention déguisée ».

« Le Cirque est très endetté. Il n’y a aucune garantie qu’on [retrouvera les fonds] à la fin de l’aventure », a-t-il dit, affirmant que le gouvernement du Québec doit être « en partie propriétaire » de l’entreprise s’il lui prête des fonds publics.

« On demande la publication de l’entente. Des deals qui semblent être faits rapidement avec M. Fitzgibbon, je le dis depuis le début, le danger avec ce ministre, c’est qu’il prend Investissement Québec pour sa petite caisse », a dénoncé M. Marissal.

Le premier ministre François Legault a assuré en point de presse mercredi que le 200 millions US « est un prêt, pas une subvention », mais surtout que « [l']argent est protégé » le temps de la restructuration de l'entreprise.

Lors de la période de questions, le ministre Pierre Fitzgibbon s'est engagé à publier l'entente une fois que le processus de restructuration de l'entreprise serait terminé. « Je m'engage à rendre publiques les ententes qui ont été prises avec les actionnaires existants », a-t-il dit.

Le leader parlementaire du Parti québécois, Martin Ouellet, a pour sa part affirmé qu’aucun citoyen ne l’appelait dans sa circonscription de la Côte-Nord pour lui parler des problèmes financiers du Cirque du Soleil.

« Je ne vois pas l’urgence. Je comprends que le ministre Fitzgibbon aime probablement ça jaser avec des big shots, mais là, les big shots sont tous les entrepreneurs dans toutes les régions du Québec qui ont besoin d’aide », a-t-il affirmé mercredi.

« Ces entreprises sont déjà à propriété québécoise. Pour moi, [aider le Cirque du Soleil] viendrait dans une deuxième étape », a-t-il ajouté, précisant « je n’ai rien contre les emplois du Cirque du Soleil, le siège social à Montréal, mais je pense que la priorité n’est pas là ».

La libérale Isabelle Melançon a pour sa part dit mercredi que « ce qui sera bon pour pitou sera aussi bon pour minou », souhaitant que les autres cirques québécois (Éloize, les 7 doigts, Flip Fabrique, etc.) puissent aussi être aidés par le gouvernement en cas de problèmes financiers.

Mardi, Québec a annoncé qu'il avait obtenu le droit de racheter le Cirque du Soleil d’ici trois ans en échange d’un prêt de 200 millions US. Ce prêt sera accordé si les actionnaires actuels sont en mesure de rester en selle pendant la restructuration de l’entreprise, durement frappée par la crise de la COVID-19.